Dans l’arène médiatique, l’attention est saturée par le fracas des mouvements militaires en mer d’Oman ou les sorties lunaires de Donald Trump sur les extraterrestres. Pour l’investisseur lucide, ce tumulte n’est que du bruit. Pendant que la foule scrute l’Iran, une « bombe » d’une toute autre nature s’amorce sous la surface des flux de capitaux.
La véritable menace n’est pas balistique, elle est structurelle. Nous assistons à une redistribution brutale des richesses et à une mutation des géants technologiques dans un contexte de fin de cycle. Pour anticiper les secousses à venir, il faut ignorer la géopolitique de spectacle et suivre là où le pognon tourne réellement. La « vraie bombe » est économique, et elle est déjà là.
En résumé
- Le tumulte médiatique masque une redistribution brutale des richesses et une fragilité économique qui ne doit pas être ignorée.
- Les marchés de prédiction deviennent des indicateurs plus fiables que les rapports de la FED, révélant une intelligence collective mise en avant par les paris en ligne.
- L’inflation réelle persiste, alors que les statistiques officielles ne montrent qu’une image tronquée de la situation économique actuelle.
- L’IA crée des valorisations de marché excessives, augmentant le risque d’une correction brutale lorsque les doutes s’installent.
- Les GAFAM se transforment en émetteurs obligataires, attirant les investisseurs vers des rendements stables plutôt que vers des actions volatiles.
L’intelligence collective : Quand les marchés de prédiction doublent la FED
Le dogme selon lequel les banques centrales détiennent la vérité statistique est mort. Aujourd’hui, des plateformes comme Kalshi et Polymarket s’imposent comme des indicateurs bien plus fiables que les rapports poussiéreux de la Réserve Fédérale.
Le problème de la FED ? Elle conduit en regardant dans le rétroviseur, obsédée par des données de chômage qui sont, par définition, des indicateurs « en retard ». À l’inverse, l’intelligence collective monétisée offre un consensus en avance de phase. En pariant leur propre capital, les acteurs du marché fournissent une vision proactive. Le signal est si fort que même certains gouverneurs de la FED commencent à admettre qu’ils surveillent ces paris en ligne pour ajuster leur trajectoire.
« L’intelligence monétisée des marchés de prédiction a remplacé les modèles bureaucratiques. C’est désormais là que se lit la politique économique de demain, avant même que les officiels n’aient fini de compiler leurs tableurs. »
L’illusion de la désinflation et l’économie en « K »
Le narratif officiel de la baisse de l’inflation est une construction statistique qui ignore la réalité du terrain. Si l’indice global semble s’apaiser, c’est grâce à une pondération massive (30 %) des loyers en baisse technique. Mais grattez le vernis, et vous découvrirez une économie en K de plus en plus fracturée.
D’un côté, les plus aisés continuent de consommer massivement, portant le PIB à bout de bras. De l’autre, la base — le consommateur gagnant moins de 100 000 $ — se serre la ceinture et commence à faire défaut sur ses dettes. Le marché finira par ignorer les stats lissées pour se confronter à l’inflation « réelle » des coûts incompressibles qui asphyxie la majorité.
L’inflation que la FED feint de ne pas voir :
- Électricité et Énergie : Des hausses structurelles liées aux goulots d’étranglement des data centers.
- La « bouffe » : Des prix alimentaires sur une trajectoire ascendante permanente.
- Soins médicaux et frais administratifs : Une inflation sournoise qui ne reflue jamais.
Le piège de l’IA : Une salle de concert sans issue de secours
L’IA est devenue le moteur exclusif de la cote, créant une concentration de marché délirante. L’analogie est brutale : nous avons agrandi la salle de concert (les valorisations de Nvidia ou Microsoft) sans jamais agrandir les portes de secours (la liquidité).
Le danger est démultiplié par les rachats d’actions (buybacks). En réduisant artificiellement le flottant, les entreprises ont dopé leurs cours mais ont réduit le nombre d’actions disponibles. Résultat ? Le marché est devenu une trappe. Si un doute s’installe sur les gains de productivité réels ou si la régulation intervient, tout le monde voudra sortir en même temps par des portes devenues minuscules.
C’est ici que se joue la véritable guerre financière. Pour mettre les États-Unis à genoux, la Chine ou les BRICS n’ont pas besoin de couler un porte-avion ; il leur suffit de provoquer un krach boursier. Couler le marché, c’est couler l’économie américaine tout entière.
« Le risque n’est plus la correction, c’est le piétinement. Avec un flottant réduit au minimum, la moindre panique transforme le marché en un goulot d’étranglement mortel. »
Le choc démographique : La fin programmée de la rente
Depuis trente ans, l’Occident favorise la rente immobilière pour complaire à l’électorat des plus de 55 ans. Mais le vent tourne. Dans les 5 à 10 ans, le poids politique basculera vers une base plus jeune qui ne demandera plus des aides à la demande (qui font monter les prix), mais un sabordage de la rente.
Pour maintenir la paix sociale et éviter une rupture totale, le pouvoir politique n’aura d’autre choix que d’opérer un reset brutal :
- Politique de l’offre agressive : Construire massivement pour briser les prix et favoriser l’accès à la propriété des actifs.
- Taxation des successions : S’attaquer au stock de capital stagnant.
- Indexation des salaires : Le retour de l’échelle mobile des salaires sur l’inflation, non par choix économique, mais par nécessité politique pour éviter les révoltes.
La mutation des GAFAM : La Tech devient la nouvelle banque
Un phénomène binaire s’installe : les GAFAM mutent en émetteurs obligataires massifs. Pourquoi risquer la volatilité des actions quand on peut chercher des rendements de 6 à 7 % sur la dette de Google ou d’Apple ?
Les investisseurs délaissent progressivement le risque « equity » pour se réfugier dans ces obligations d’entreprise qui agissent comme des valeurs refuges souveraines. Le marché se fragmente entre des secteurs asphyxiés (matières premières, énergie) qui amorcent une rotation violente, et une Tech qui devient le nouveau coffre-fort obligataire mondial.
Vers un nouveau cycle de 30 ans
L’histoire est un éternel recommencement. Il y a un siècle, les États-Unis démantelaient les monopoles pétroliers pour répondre aux inégalités criantes. Nous arrivons au même point de rupture avec les conglomérats de la Tech. Le cycle actuel — populisme, hausse des matières premières et fuite en avant budgétaire — touche à sa fin.
Le stimulus permanent n’est qu’un palliatif. La véritable question pour l’investisseur n’est plus de savoir si le marché va monter, mais s’il est prêt pour le grand nettoyage.
Sommes-nous prêts à accepter une correction majeure comme le prix nécessaire pour briser les inégalités et relancer un cycle de croissance saine ? La réponse ne viendra pas d’un discours de Jerome Powell, mais de la réalité implacable de la rue et de l’inflation.
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Julien,
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