La crise est-elle finie ?

Stéphane Déo, responsable mondial de l’allocation d’actifs d’UBS

« L’annonce de la Banque centrale européenne (BCE) a permis de stopper la propagation de la crise : elle a permis de limiter la montée des taux d’intérêt et de donner un plan crédible à moyen terme. La partie courte de la courbe de taux d’intérêt (jusqu’à 3 ans) pourrait désormais être contrôlée par la BCE tandis que la partie longue dépend toujours des décisions des pouvoirs politiques. Difficile de dire si les actions de la BCE seront suffisantes pour créer un rebond durable sur les marchés. Mais c’est un très grand pas. Nous avons changé notre allocation d’actifs cette semaine, passant à « surpondérer » sur les actions européennes, américaines et surtout des pays émergents. Au regard des précédents programmes d’assouplissement quantitatif de la Fed, je suis peu convaincu sur son impact sur les actions des pays développés, mais c’est, en revanche, très positif pour les émergents ».

« Il reste encore des facteurs d’incertitudes : on n’a pas d’idée du calendrier de la demande d’aide de l’Espagne, qui va conditionner l’intervention de la BCE. Or, si Madrid demande de l’aide trop tard, ce sera sans doute mal perçu par le marché. Ensuite, à plus long terme, si un pays ne parvient pas à mettre en place toutes les réformes promises, la BCE sera contrainte de stopper son soutien. Pour voir réellement la fin de la crise, il faudra encore des étapes pour restaurer la confiance : stabiliser les finances publiques et revoir de la croissance en Europe ».

David Benamou, président d’Axiom Alternative Investments

« La crise n’est pas finie, mais la crise dite « systémique » l’est sans doute. Le scénario d’un éclatement de la zone euro devient très improbable et les investisseurs qui jouaient ce thème, en vendant à découvert les titres des banques de la zone euro ou des pays périphériques, débouclent leurs positions. Ils ne veulent pas se mettre contre la Banque centrale européenne (BCE). La détente des CDS ( »credit default swaps ») sur la dette bancaire subordonnée est emblématique de cette réduction du risque « systémique », de même que le rebond de l’action Crédit Agricole, qui a pris environ 25% en dix jours. Crédit Agricole est un bon indicateur car la banque est intimement liée au sort de la zone euro, compte tenu de ses multiples filiales dans les pays du sud .

Dans un deuxième temps, il faut que les « vrais » acheteurs reviennent. Ces flux devraient être visibles d’ici deux mois et surtout début 2013. En annonçant son programme d’achats de dette illimité, la BCE a clairement dit aux investisseurs qu’elle jouait le rôle de prêteur en dernier ressort. C’est un argument de poids pour faire revenir les acheteurs de long terme. Si tout va bien, on devrait alors assister à un phénomène de vases communicants : les investisseurs réduiront leurs positions sur les pays du coeur de l’Europe -la France notamment -pour se repositionner sur l’Espagne et l’Italie. La part des investisseurs étrangers dans ces deux pays remontera, après avoir chuté ces dernières années.

Si les décisions de la Fed, de la cour constitutionnelle allemande sur le Mécanisme de stabilité européen et de la BCE, ce mois-ci, jouent un rôle déterminant, les choses s’étaient déjà améliorées depuis l’été : les Finlandais avaient par exemple dévoilé une étude qui montre que le maintien de la Grèce dans la zone euro est préférable. Un signal encourageant de la part de ce pays. Surtout, cet été, les Européens ont beaucoup mieux communiqué que par le passé.

Ce tournant ne signifie pas pour autant que la crise est finie, car on n’a pas résolu la crise économique. Mais au moins, grâce à la BCE, un pays comme l’Espagne va pouvoir mener ses réformes structurelles sans que ses efforts soient ruinés par des coûts de financement intenables ».

François Duhen, stratégiste chez CM-CIC

« Les marchés progressent bien, sur le fait que le pire a été évité : les banques centrales ont annoncé des mesures chocs, comme prévu, voire même au-delà des attentes pour la Fed. La BCE a évité la catastrophe, mais n’a toutefois pas résolu toute la crise. La croissance risque d’être très molle en 2013, en Europe. Et, aux Etats-Unis, la Fed a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour cette année. Le « fiscal cliff » menace l’économie américaine. Les annonces des banques centrales ne seront pas suffisantes à moyen ou long terme pour la poursuite du rally si les Etats ne suivent pas avec des mesures budgétaires crédibles. Dès que les marchés se rendront compte -d’ici quelques semaines sans doute-que l’environnement économique peut encore se dégrader, le rebond risque de faire long feu. Surtout, s’il a été trop rapide ».

Alain Bokobza, responsable de l’allocation d’actifs de Société générale CIB

« Le nouveau programme d’assouplissement quantitatif de la Fed était très attendu. C’est donc simplement une confirmation, avec une précision de plusieurs points techniques. Le S&P 500 est actuellement sur ses plus hauts de fin 2007, ce qui limite son potentiel de rebond. En revanche, les actions européennes restent encore sous-valorisées. Elles peuvent encore poursuivre leur rally : nous avons donc augmenté notre pondération sur cette classe d’actifs. Même si les rachats de detted de la BCE étaient intégrés par le marché, celui-ci n’avait pas encore « pricé » totalement le rôle du mécanisme européen de stabilité (MES). En outre, la future demande d’aide de l’Espagne devrait être un catalyseur positif pour les actions -à la différence des précédents plans d’aide de l’Irlande, du Portugal et de la Grèce -grâce au renforcement des moyens d’actions de la BCE et de la gouvernance européenne. Cette demande d’aide va marquer le déclenchement de ces rachats de dettes ».

Rick Lacaille, directeur mondial des investissements de State Street Global Advisors

« Les décisions de la Fed et de la BCE ne sont sans doute pas un véritable tournant pour les marchés, mais elles vont dans le bon sens. Ben Bernanke a, certes, pris un risque politique, mais a fait ce qu’il fallait pour rassurer les marchés et les consommateurs. Mario Draghi, président de la BCE, a également réussi à redonner confiance au marché. D’autant que le langage a changé en Europe : on parle moins de rigueur et d’austérité mais davantage de réformes. Petit à petit, les investisseurs se mettent à changer leurs allocations d’actifs pour prendre plus de risques. Nous avons « surpondéré » les actions ».

« Toutefois, pour oublier la crise, il faudra encore plusieurs étapes : une résolution du problème bancaire et de nouveaux pas vers une véritable mutualisation de la dette européenne. A plus court terme, il risque d’y avoir beaucoup de volatilité en octobre et novembre à l’approche des élections américains et du « fiscal cliff » de début 2013 (« falaise fiscale », marquée par la fin d’exemptions d’impôts et une réduction des dépenses d’Etat, NDLR ). Aussi, je n’anticipe pas de rebond comme en mars 2009. La période actuelle est très différente du printemps 2009 : à ce moment-là, les « stress tests » et recapitalisations bancaires avaient été un catalyseur majeur. Et, les marchés étaient encore plus attractifs ».

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A propos de Julien Flot

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