Iran, Bulle IA : Pourquoi la bourse ne krach pas ? (Voici qui ment)
Ce qu’il faut retenir
- La bulle de l’IA connaît des tensions, mais elle symbolise surtout le début d’une transformation économique majeure.
- El Niño provoque une inflation persistante, touchant l’économie alimentaire et entravant les taux d’intérêt.
- Les géants technologiques pivotent vers le financement par dilution pour sécuriser les infrastructures critiques.
- L’IA agit comme un moteur d’inflation à court terme, exacerbée par la déglobalisation qui augmente les coûts.
- L’opportunité se trouve dans la dette des pays émergents, profiteurs des rendements attractifs liés à la transformation liée à l’IA.
Il peut y avoir bulle IA sans avoir krach boursier imminent. On peut parler bulle Ia tout en pensant que c’est la fin du début plus que le début de la fin. Les semi conducteurs peuvent perdre 25% sans remettre en cause le narratif de l’IA. Le marché peut avoir peur des surcapacités à venir tout en se disant que la demande Ia va continuer d’exploser et que les hyperscalers vont continuer de dépenser sans compter.
On entre dans la seconde phase de la Bulle IA. Et c’est important dans cette phase là , davantage la mécanique de fonctionnement du marché (ce que je nomme la plomberie) plus que les seuls fondamentaux et narratifs autour de l’intelligence artificielle.
ça tombe bien puisque c’est le but de cette vidéo de faire le tour de la question pour vous éviter de vous faire balader cet été par les marchés et ainsi garder le cap de vos investissements sans flancher. C’est là , que la performance se fait, à savoir nuancer.
La Bulle IA : Pourquoi le « Krach » que vous attendez n’est que le début du paradoxe
Le narratif boursier actuel est prisonnier d’une tension nerveuse : une armée d’analystes guette, avec une quasi-certitude, l’éclatement imminent de la « bulle » de l’intelligence artificielle. Pourtant, à y regarder de plus près, nous ne sommes pas à la veille d’un effondrement, mais plutôt au cÅ“ur d’un paradoxe structurel. Ce que beaucoup interprètent comme les signes d’une fin de cycle n’est en réalité que la fin du commencement d’une transformation macroéconomique brutale.
Nous naviguons dans un environnement où les certitudes d’hier s’effondrent. Entre une inflation qui refuse de plier, des tensions géopolitiques latentes en Iran et les caprices climatiques d’El Niño, le décor est planté. Est-ce le début de la fin ? Probablement pas. C’est l’émergence d’un monde où l’IA, loin de tout fluidifier, commence par tendre tous les ressorts de notre économie.
L’inflation alimentaire et climatique : L’invité surprise de la macro
Le marché a longtemps espéré que la baisse des prix de l’énergie et la fin des tensions au Moyen-Orient serviraient de catalyseurs pour un pivot des banques centrales. C’était oublier un facteur exogène puissant : El Niño. Ce phénomène climatique n’est pas qu’une statistique météorologique ; c’est un moteur d’inflation « collante ». En impactant les prix des engrais et en dévastant les rendements agricoles, il exerce une pression constante sur le coût de la nourriture.
Nous assistons ici à un effet de cisaille redoutable. Alors qu’El Niño pèse sur le plancher de l’économie (l’alimentation), l’explosion des investissements en IA tend le plafond (l’énergie et les infrastructures). Cette résilience de l’inflation, portée par des coûts structurels, empêche les banques centrales de baisser les taux, malgré une économie qui commence à tergiverser sur le front de l’emploi. Dans ce contexte, l’argent reste rare, et les choix d’allocation de capital deviennent existentiels.
Le paradoxe de l’offre et de la demande : Un gap impossible à combler
L’erreur commune consiste à croire que la multiplication des usines de composants résoudra rapidement la pénurie. Si l’on se projette à l’horizon 2027-2029, la réalité est tout autre : la demande est exponentielle, tandis que l’offre est entravée par des goulots d’étranglement physiques. Les corrections de marché à court terme ne sont souvent que des prétextes techniques pour purger les excès de levier, sans jamais remettre en cause la tendance de fond.
Pour citer un constat lucide sur la géopolitique des puces : « Même si l’on accepte que l’offre chinoise débarque sur les marchés, cette offre ne sera pas suffisante pour combler le gap avec une demande qui va rester très forte. » Le surplus d’offre finira peut-être par arriver, créant alors la déflation ou la crise tant redoutée, mais nous n’y sommes pas encore. Aujourd’hui, l’offre court après une chimère.
Le pivot des « Magnificent Seven » : De la rétribution à la dilution
Un changement de paradigme historique s’opère chez les géants de la technologie. Après une décennie consacrée aux rachats d’actions massifs pour flatter leur bénéfice par action, les « Magnificent Seven » pivotent. Elles se tournent désormais vers l’endettement obligataire et, plus révélateur encore, vers la dilution via la création d’actions nouvelles pour financer des dépenses d’investissement (CAPEX) pharaoniques.
C’est un coup de maître stratégique pour ces entreprises, bien que ce soit un défi pour les actionnaires historiques. Deux raisons dictent cette manÅ“uvre :
- Arbitrage de valorisation : Utiliser des cours de bourse qui ont parfois décuplé en quelques mois permet de lever des capitaux massifs avec une dilution minimale par rapport aux standards historiques.
- Verrouillage de l’infrastructure : Face à une offre de composants limitée, ces géants utilisent leur puissance financière pour sécuriser les capacités de production et les infrastructures critiques avant que le crédit ne s’assèche totalement.
Le vide de liquidité : Comment les géants assoiffent l’économie réelle
Le véritable risque ne réside pas dans les multiples de valorisation, mais dans la « plomberie » du marché. Les GAFAM et leurs pairs agissent comme un aspirateur géant de liquidités, drainant l’essentiel des capitaux disponibles sur les marchés obligataires.
Cette concentration crée une dualité dangereuse. Les entreprises de « l’économie réelle » font face à un mur de refinancement. Des dettes contractées à 1 % ou 2 % pendant l’ère Covid doivent aujourd’hui être renouvelées à des taux de 7 % ou 8 %. Le capital préférant se diriger vers les rendements et la sécurité apparente des titans de la tech, les PME se retrouvent asphyxiées. Ce manque de financement pour le reste de la machine économique finira, par ricochet, par peser sur la croissance globale.
L’IA est inflationniste (et la déglobalisation n’aide pas)
La promesse de l’IA est déflationniste : des gains de productivité massifs. Mais cette promesse appartient au long terme. Dans l’immédiat, l’IA est un puissant vecteur d’inflation. Elle consomme des matières premières, de l’énergie et nécessite des infrastructures physiques lourdes.
À cela s’ajoute le coût de la déglobalisation. Pour se « dé-risquer » des tensions géopolitiques, les entreprises doivent construire des usines partout, multipliant les doublons et les coûts logistiques. Cette redondance industrielle, nécessaire à la souveraineté, réduit les marges et alimente une inflation structurelle. L’IA, en tant qu’accélérateur de cette nouvelle course aux armements technologiques, renforce cette dynamique de prix élevés.
Vases communicants : La rotation interne du secteur Tech
Le marché fonctionne actuellement par rotations internes. L’argent des clients (les GAFAM) coule directement dans les coffres des fabricants de semi-conducteurs et de mémoire comme Micron ou SK Hynix. Ce dernier vient d’ailleurs de voir son ADR sur le Nasdaq sursouscrit sept fois, signe que l’appétit pour le matériel reste insatiable.
Le paradoxe est frappant : des valeurs cycliques (la mémoire) se paient aujourd’hui plus cher que des géants de la croissance séculaire, car le marché parie sur un cycle anormalement long. Lorsque ces acteurs cycliques auront été trop valorisés et que les goulots d’étranglement se résorberont, nous assisterons probablement à une rotation inverse vers les GAFAM, dont les valorisations finiront par paraître attractives en comparaison de leur génération de cash-flow.
L’opportunité cachée : La dette des pays émergents
Dans ce monde de taux élevés, une opportunité se dessine là où on ne l’attendait plus : l’obligataire émergent. Les pays producteurs de matières premières essentielles à l’IA ou hébergeant des usines de composants voient leurs balances commerciales s’améliorer mécaniquement.
Cette manne transforme leur profil de crédit. Ils deviennent des débiteurs plus solides, alors même qu’ils offrent des rendements attractifs, souvent entre 6 % et 9 %. On trouve aujourd’hui des taux de marché significatifs partout : plus de 3 % au Japon sur le 30 ans, près de 5 % en Europe, et au-delà de 4 % sur le 20 ans américain. Dans ce contexte, la dette de certains pays émergents, portée par le vent arrière de l’IA, offre un ratio risque/rendement que la bourse peine parfois à égaler.
Le risque final : Le retour fracassant du politique (2028-2032)
Si la bulle IA ne rencontre pas d’obstacle économique majeur à court terme, son plafond sera politique. À mesure que les impacts sociaux — notamment sur l’emploi et la concentration extrême des richesses — deviendront insupportables pour la population, le régulateur entrera en scène.
L’histoire américaine nous offre un précédent vieux d’un siècle : l’ère du Sherman Antitrust Act et le démantèlement de Standard Oil. Il n’est pas interdit d’imaginer qu’à l’horizon 2028-2032, les gouvernements décident de briser ces conglomérats technologiques devenus trop puissants pour être régulés. Ce serait le coup de grâce porté par le politique à une hégémonie que le marché n’aura pas su freiner.
Conclusion : Vers un pivot en fin d’année
Nous sommes dans une phase de stagflation où la diversification est devenue une stratégie de survie. Le marché ne se contente plus de monter ; il respire, il pivote et il arbitre. Le véritable test interviendra vers la fin de l’année, lorsque l’équilibre entre les investissements massifs dans l’IA et la résilience de la consommation sera mis à l’épreuve par des taux qui ne baissent pas.
Sommes-nous prêts à accepter que l’IA, censée tout optimiser, commence par rendre l’argent plus rare et la vie plus chère ? C’est tout le paradoxe de cette révolution : avant de nous libérer, elle nous impose sa facture.
L’infographie à partager
Portefeuille Graphseo Bourse
RAS je continue de jouer agressif et concentré sur des choix santé/biotech. Les minières me plaisent, le logiciel et le short semi conducteurs en guise de protection, et j’entrevois un retour sur la consommation discrétionnaire. La crypto revient bien aussi. Le problème reste de ne pouvoir être partout. Car s’il y’a des risques sur ce marché, surtout sur l’indice, si on en sort, il y’a encore de très belles opportunités pour celui qui sait où regarder.
amicalement
Julien
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PS: Tous mes investissements sont partagés en temps réel sur L'Académie des Graphs. Le portefeuille représente mes convictions personnelles consolidées (de mes différents courtiers) et n'est pas une incitation à l'achat ni à la vente. La performance en cours inclus les gains ou moins values latentes et l'impact du change sur les actions étrangères. Performance 2025: +145%; 2024: +41%; 2023: +38%; 2022: +46%; 2021: +122%; 2020: +121%; 2019: +79%; 2018: +21%; 2017: +24%; 2016: +12%; 2015: +45%; 2014: +30%; 2013:+72%, 2012:+9%, 2011:-11%... Clique-ici pour découvrir l'Académie des Graphs où je t'accompagne au quotidien, partage mes positions et portefeuilles dynamique et long terme en temps réel.



