Le krach Bitcoin ne viendra pas de Saylor mais de là

Entre le complet pour voler les Bitcoin de Saylor en l’obligeant à vendre. Et le fait que la baisse des prix du Bitcoin l’obligerait à solder. Le marché crypto est passé en trois mois du bitcoin va à 1 million, au bitcoin va à zéro.

La vérité est sans doute entre les deux. Mais alors que le Bitcoin ne cesse de baisser, il faut remettre l’église au centre du village.

Voici donc une analyse de l’alerte lancée par le Bitcoin et des éléments les plus importants à garder en tête et qu’on oublie trop souvent avant de parler de Krach crypto.

Introduction : L’illusion du prix

Pendant que l’investisseur particulier s’asphyxie devant chaque bougie rouge, oscillant entre l’espoir irrationnel et la panique terminale, les « architectes » du marché conservent une sérénité qui confine à l’insolence. Pour le retail, une chute du Bitcoin sous le prix de revient est une tragédie ; pour des figures comme Michael Saylor ou Tom Lee, c’est un simple paramètre d’ajustement.

La question n’est pas de savoir si le prix actuel est « cher » ou « bon marché », mais de comprendre l’asymétrie fondamentale du risque entre ceux qui achètent des jetons et ceux qui construisent des structures de dette. Si le Bitcoin chute, ils ne vendent pas. Non par idéologie, mais parce que leur survie dépend d’une mécanique institutionnelle bien plus complexe que la simple variation du cours : le cycle de la confiance et l’ingénierie du bilan.

Le business model de l’accumulation : « L’art de lever des fonds au sommet »

Le modèle de Michael Saylor via MicroStrategy (MSTR) ne relève pas du trading, mais d’une véritable alchimie financière : l’ingénierie de bilan. Le mécanisme est d’une efficacité redoutable : plus le Bitcoin monte, plus le storytelling s’emballe, permettant de solliciter les marchés au moment précis où l’euphorie est à son comble.

Saylor ne se contente pas d’acheter ; il transforme MicroStrategy en une machine à aspirer les capitaux :

  • Augmentations de capital massives et émission de nouveaux titres.
  • Levées de dette à des taux d’intérêt dérisoires, voire nuls.
  • Obligations convertibles, captant la liquidité institutionnelle avide d’exposition crypto sécurisée par une structure « equity.

De son côté, Tom Lee utilise des structures de type SPAC (Special Purpose Acquisition Company) — de véritables « coquilles vides » réglementées — pour injecter des milliards. Ces acteurs achètent souvent « haut » parce qu’ils investissent la manne financière récupérée lors des pics de confiance. Ils ne sont pas des investisseurs passifs, mais des transformateurs de liquidité globale en collatéral numérique.

Le véritable danger : Le robinet du crédit vs La chute des cours

L’erreur commune est de croire qu’une perte latente, même de 5 ou 6 milliards de dollars comme celle de Tom Lee sur l’Ethereum, force une capitulation. C’est ignorer la nature du crédit. Tant qu’ils peuvent honorer les intérêts de leur dette ou refinancer leurs échéances, ces acteurs peuvent techniquement tenir leurs positions jusqu’à un prix de zéro dollar.

Le risque systémique n’est pas graphique, il est monétaire. Le danger, c’est le tarissement du crédit. Saylor, survivant de l’éclatement de la bulle Internet en l’an 2000, sait pertinemment que le marché ne vous tue pas par le prix, mais par l’asphyxie de la liquidité.

« Ce qui les fera devoir sortir c’est leur incapacité à pouvoir lever des capitaux supplémentaires sur les marchés parce qu’il y a plus de pognon, il y a plus de confiance. »

Si le marché bascule dans une tendance baissière de moyen-long terme, c’est le robinet de l’argent frais qui se ferme. Sans nouvelles levées pour rembourser les dettes antérieures ou payer les coupons, la « coquille » finit par craquer, forçant la vente massive du collatéral (Bitcoin) pour solder les comptes.

Le « No Man’s Land » technique : Entre 50 000 $ et 100 000 $

D’un point de vue purement analytique, le Bitcoin s’est enfermé dans un « No Man’s Land » de 50 000 dollars de large. Nous sommes dans une phase de neutralité où le bruit l’emporte sur la direction.

  • La structure en ABC : Nous observons actuellement une correction classique (A), suivie d’un faible rebond (B), cherchant désormais son point d’ancrage (C).
  • Zones de pivot : Le gros morceau se situe entre 60 000 $ et 70 000 $. C’est la zone de défense impérative. Si ce support est enfoncé, la configuration haussière de long terme sera officiellement dégradée.
  • Le plafond de verre : Tant que le prix ne s’extrait pas par le haut des 90 000 $, et idéalement des 100 000 $ – 105 000 $, il n’y a aucune relance haussière crédible.

Dans cet intervalle, nous sommes dans un marché de traders. L’investisseur de long terme, lui, doit accepter que le prix « patine » sans donner de signal directionnel majeur.

La théorie du « Secouage de Cocotier »

Avec une capitalisation de seulement 2 000 milliards de dollars, le marché crypto reste étroit et facilement manipulable par les mains fortes. Le « secouage de cocotier » est une stratégie délibérée : provoquer une volatilité extrême pour déclencher les stops et forcer la capitulation des « weak hands ».

Puisque le protocole interdit de miner plus de Bitcoin pour répondre à la demande institutionnelle, la seule façon pour les baleines d’accumuler davantage est de vous déposséder des vôtres par la peur. C’est une guerre psychologique où la rareté absolue transforme chaque baisse induite en un outil d’acquisition massive pour ceux qui ont les reins assez solides pour ignorer le rouge.

Perspectives 2026-2027 : La convalescence nécessaire

Si le Bitcoin tente de maintenir sa dignité, le reste de l’écosystème a « pris du plomb dans l’aile ». Ethereum, Solana, XRP et même l’action MicroStrategy (MSTR) montrent des signes de faiblesse structurelle. Les phases de rebond sont laborieuses et ne retracent souvent pas la moitié des mouvements baissiers, un aveu de faiblesse flagrant.

Le marché entre dans une phase de convalescence. La construction de figures de retournement, comme les biseaux descendants (falling wedges) identifiés sur de nombreux actifs, demande du temps. Ne comptez pas sur un redémarrage en trombe : les configurations graphiques matures ne seront probablement pas prêtes avant le deuxième trimestre 2026, voire 2027. C’est le prix à payer pour purger les excès du levier.

La fin du mythe du « Buy the Dip » ?

Depuis cinq ans, le marché a été conditionné à une récupération instantanée après chaque chute. Mais ce réflexe pavlovien pourrait bien rencontrer son point de rupture. Si nous basculons dans un marché baissier qui dure plus que quelques semaines, le mythe du « Buy the Dip » s’effondrera, emportant avec lui la confiance des prêteurs.

La question finale n’est pas de savoir si Michael Saylor a raison sur le Bitcoin à un million de dollars, mais si sa structure de dette pourra survivre à un hiver prolongé. Car si la confiance s’évapore et que le crédit s’assèche, le prix du Bitcoin ne sera plus qu’une donnée anecdotique face à l’urgence de la solvabilité._

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Julien

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