Pour savoir où investir en 2026, il faut savoir repérer les mensonges de la bourse.
Il faut qu’on parle. En 2026, plus jamais, nous sommes noyés sous des données et graphiques à ne plus savoir qu’en faire.
On mélange cause et causalité à outrance. Le bruit biaise même les investisseurs et experts les plus suivis. Qui relaient alors de fausses information sans le savoir.
Pour savoir où investir son argent en 2026, il faut donc commencer par
Point n°1 : Le mirage des devises : pourquoi la performance que vous voyez n’est pas la réalité
La « vérité » : La performance d’un indice boursier est une mesure objective de sa valeur. La réalité : Elle est une illusion totalement déformée par la devise de l’investisseur.
La performance d’un indice boursier n’est jamais absolue ; elle dépend drastiquement de la devise de l’investisseur qui la mesure. En 2025, un investisseur américain regardant le marché européen a vu une performance spectaculaire de +40%, amplifiée par l’évolution favorable de l’euro face au dollar. En parallèle, un investisseur européen regardant la performance du marché américain (+15-16% en dollars) n’a réellement perçu qu’un gain de +7-8% une fois celui-ci converti en euros. Cette différence massive est un facteur critique trop souvent négligé
Ce phénomène a un impact direct sur les flux de capitaux. Un investisseur américain qui constate un gain de 40% en Europe sera naturellement incité à continuer d’y investir. Ces flux peuvent ainsi soutenir les marchés européens, parfois indépendamment de leurs fondamentaux économiques locaux. Cette dynamique est d’autant plus critique que la volonté politique de l’administration américaine de potentiellement affaiblir le dollar pourrait créer une boucle de rétroaction, renforçant encore l’attrait des actifs européens pour les investisseurs américains et poussant les flux à s’intensifier.
Pour un investisseur américain, un marché européen à +25% se transforme en une performance de +40% grâce à l’évolution de l’euro-dollar. Le problème, c’est que l’on compare constamment des choux et des carottes en oubliant de lier la performance de l’actif à celle de la monnaie. Et cela fait une différence drastique.
Point n°2 : Comparer le S&P 500 d’aujourd’hui à celui d’hier est une grave erreur
La « vérité » : Le S&P 500 est un baromètre fiable de la santé du marché américain sur le long terme. La réalité : C’est un organisme vivant qui a si radicalement muté que les comparaisons sur 20 ans sont devenues un exercice de fiction.
Les comparaisons historiques du S&P 500 sur 20 ou 30 ans pour prédire l’avenir sont devenues largement inutiles. La raison est simple : la composition de l’indice a radicalement changé. Ce n’est plus le même marché.
- Le secteur de l’énergie, qui a pu représenter jusqu’à 16% de l’indice, n’en constitue plus que 3% aujourd’hui.
- Le secteur de la technologie, à l’inverse, pèse désormais 35% de l’indice.
Cette transformation structurelle rend les anciennes corrélations caduques. Dire « voici ce que le marché a fait la dernière fois que les taux ont monté » n’a plus de sens. L’indice actuel, dominé par des géants de la technologie, ne réagira pas de la même manière que l’indice d’il y a 20 ans, qui était pondéré différemment. Comparer les deux revient à comparer des entités économiques totalement distinctes.
Le S&P 500 d’il y a 20 ou 30 ans n’avait absolument pas les mêmes valeurs, ni les mêmes pondérations sectorielles, qu’aujourd’hui. Il ne sert donc absolument à rien de les comparer.
Point n°3 : Le piège caché de l’investissement passif (ETF)
La « vérité » : L’investissement passif via ETF est une stratégie simple, diversifiée et neutre. La réalité : C’est une stratégie « momentum » cachée qui risque de se transformer en stratégie « value » au pire moment.
Acheter régulièrement un ETF indiciel, comme un ETF sur le S&P 500, est par définition une stratégie « momentum. L’investisseur renforce systématiquement ce qui monte et ce qui a déjà la plus grosse pondération dans l’indice. Le piège psychologique se referme lorsque le cycle se retourne : les secteurs surpondérés commencent à baisser, mais l’investisseur passif, contrairement à un trader momentum actif, ne vend pas.
C’est ici que la situation devient ironique. En continuant d’acheter l’indice qui baisse, cet investisseur passif, qui se moque souvent des stock-pickers « value » cherchant des actions sous-évaluées, devient lui-même un investisseur « value » sans le savoir. Il accumule un actif qui perd de la valeur, espérant un rebond futur. Cette transition de stratégie se fait de manière inconsciente et représente un risque majeur, car elle n’est ni choisie ni maîtrisée.
Point n°4 : La perception du marché est plus puissante que les résultats d’une entreprise
La « vérité » : La valeur d’une action est déterminée par la croissance de ses bénéfices. La réalité : Les gains les plus rapides viennent de la décision du marché de changer sa perception de cette valeur.
Contrairement à une idée répandue, les gains les plus importants et les plus rapides sur le marché ne proviennent pas de l’amélioration progressive des bénéfices d’une entreprise. Ils naissent de la décision soudaine du marché de revaloriser cette entreprise. Par exemple, une société avec un PER (Price-to-Earnings Ratio) de 10 qui est revalorisée à 20 par le marché voit son cours doubler instantanément, même si ses résultats fondamentaux n’ont pas changé d’un iota.
Contrairement aux années post-2019 où des liquidités abondantes pouvaient tout faire monter simultanément, le marché de 2026 est contraint par des flux plus limités. Il n’y a plus assez d’argent neuf pour tout acheter. Le marché fonctionne donc comme un jeu de vases communicants. L’argent se déplace d’un secteur à l’autre, créant des revalorisations rapides dans certains domaines et des dévalorisations dans d’autres. Dans cet environnement, comprendre où les flux de capitaux se dirigent est devenu bien plus important que l’analyse des seuls résultats financiers.
Là où l’on gagne le plus d’argent, le plus rapidement possible, ce n’est pas dans l’évolution des résultats des sociétés, mais dans la décision du marché de les revaloriser.
Une dernière pensée pour la route
Le marché de 2026 est un écosystème complexe où les flux, les perceptions et les effets de change comptent souvent plus que les narratifs simplistes. S’attendre à un long fleuve tranquille serait une erreur ; le marché promet plutôt un « secouage de cocotier » régulier, où seules la flexibilité et la remise en question des vieilles certitudes permettront de naviguer.
Maintenant que vous percevez ces dynamiques cachées, quelle est la première de vos certitudes d’investisseur que vous allez remettre en question ?
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amicalement
Julien
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PS: Tous mes investissements sont partagés en temps réel sur L'Académie des Graphs. Le portefeuille représente mes convictions personnelles consolidées (de mes différents courtiers) et n'est pas une incitation à l'achat ni à la vente. La performance en cours inclus les gains ou moins values latentes et l'impact du change sur les actions étrangères. Performance 2025: +145%; 2024: +41%; 2023: +38%; 2022: +46%; 2021: +122%; 2020: +121%; 2019: +79%; 2018: +21%; 2017: +24%; 2016: +12%; 2015: +45%; 2014: +30%; 2013:+72%, 2012:+9%, 2011:-11%... Clique-ici pour découvrir l'Académie des Graphs où je t'accompagne au quotidien, partage mes positions et portefeuilles dynamique et long terme en temps réel.
