250 ans après, faut-il encore parier sur les Etats-Unis ou la chute de l’empire américain ?

Ce qu’il faut retenir

  • Les Etats-Unis célèbrent 250 ans d’indépendance, marqués par leur puissance mondiale, mais confrontés à des risques imminents de déclin.
  • Leur force réside dans une population croissante, une histoire économique stable et un pouvoir énergétique majeur.
  • Cependant, des défis comme la polarisation politique, des inégalités sociales et des tensions géopolitiques menacent cette puissance.
  • L’IA émerge comme un facteur décisif qui pourrait renforcer ou affaiblir les USA à l’avenir.
  • Malgré ces risques, la capacité d’innovation et de dépense des USA les maintient compétitifs sur la scène mondiale.

Les Etats-Unis ont récemment fêté les 250 ans de leur indépendance. 250 ans d’une course à la puissance mondiale. Une puissance exacerbée plus que jamais par la main mise des USA sur les marchés financiers. A la fois symbole de leur toute puissance, mais une puissance aux pieds d’argile qui peut aussi être un point faible d’importance.

La Grande question est de savoir si les USA peuvent devenir l’empire qui conservera sa puissance encore 250 ans ou si le déclin est déjà amorcé.

En tant qu’investisseur, il est important d’approcher le sujet sans langue de bois surtout dans un monde où de plus en plus d’investisseurs dits passifs choisissent d’investir en bourse via un ETF monde, souvent sans savoir ce que cela veut dire et qu’ils lient leur avenir financier à celui des USa tant la concentration en valeurs technologiques américaines est importante dans les indices mondiaux (2/3).

Alors il faut repartir du début. Comment les USA sont devenus la super puissance que nous connaissons ? Comment ils maintiennent cette puissance depuis des décennies et quelles sont leurs forces et faiblesses pour la maintenir encore pour les prochaines décennies ?

Pour cela, je vais renforcer mon propos à l’aide de l’étude de Deutsche Bank parue le 24 juin 2026 dont je tire les graphiques ci-dessous.

Faut-il encore parier sur les Etats-Unis ?

Les forces des USA

-Une population en forte croissance et ce rapidement a permit de devenir l’usine du monde puis le consommateur du monde.

-En 250 ans les US n’ont jamais connus d’épisode d’hyperinflation comme en Europe. Ce qui a permit à son marché financier de ne jamais connaître la ruine.

-Pas de guerres majeures sur son sol. Une division politique au final très stable et jamais très éloignée. N’oublions pas l’impérialisme du 19ème siècle, la guerre civile de 1860. Mais globalement sur 250 ans, c’est la stabilité et aucune grosse catastrophe destructrice qui ont permit aux US de construire sans jamais devoir redémarrer de zéro.

-Donc une puissance aussi due à sa géographie. Sol protégé des invasions. Des montagnes, des sols riches, des rivières. Accès à deux océans. Et des puissances voisines inférieures en population et puissance économique qui ne purent être que des alliés rapidement plus que des rivaux comme l’Europe a connue inlassablement entre puissance très proches en forces et faiblesses.

-La puissance d’une nation outre sa population, c’est sa puissance énergétique et donc la richesse de ses sols. Cela a permit de produire local, de réduire les couts des matériaux et donc d’avoir un avantage compétitif sur l’Europe et de protéger le pays des crises et chocs énergétiques qui ont pu impacter l’Europe.

-Ne sous estimons pas les deux guerres mondiales en Europe qui ont durablement mis à mal les Européens comme étant une compétition et en ont fait un allié consommateur pour le dumping américain qui s’en est suivi. La fuite des cerveaux, la destruction, chute des populations.

-La puissance du dollar grâce à la puissance militaire avec la présence de bases maritimes aux points névralgiques du monde. La capacité d’exporter, ce qui augmente la demande en dollars qui sont placés en achetant de la dette Us , ce qui fait baisser le coût de l’argent pour les US de se financer largement.

-La puissance du consommateur interne. Ce qu’il manque aujourd’hui à la Chine.

-Et évidemment une culture pro business qui a ses limites socialement. Mais économiquement qui est d’une agilité à tout épreuve.

La chute de l’empire imminente sans cesse repoussée mais jusqu’à quand ?

Le fleuve ne fut pas tranquille cependant. Même si on ne cesse de parler de la chute des USA, de la dédollarisation. Les signaux sont faibles et les US continuent leur marche en avant contre les sceptiques.

Au point de rendre célèbre cette phrase de Warren Buffett. On ne pari pas contre les Etats-Unis.

Guerre civile, tremblement de terre en 1907, crash de 1929 où il a fallu attendre 1954 pour retrouver le même niveau des bourses, grande dépression des années 30 avec un chômage de plus de 25% en pic et à plus de 10% pendant une décennie, la prohibition, le New deal programme de relance, Puis la seconde guerre mondiale sans la problématique de voir le pays attaqué, le plan Marshall, qui a permit de trouver de nouveaux consommateurs pour retransformer l’économie de guerre des US sans à-coups, la stagflation des années 60-70, Kennedy, le Watergate, le Vietnam, les deux chocs pétroliers, Volcker, la désinflation, Lundi Noir, la bulle internet, le world trade center, Les guerres au moyen orient, les subprimes, le pétrole de schiste qui a relancé la puissance des US et en a fait un exportateur net d’énergie, les droits de douanes de Trump 1er, le covid, l’Ukraine, les droits de douane de Trump second, l’Iran…

Bref.

Les USA sont sortis chaque fois plus fort de tout cela. Tout du moins surtout avant, et aujourd’hui , plus en apparences…

Mais même s’il ne faut pas parier contre les USA.

Il faut avoir conscience des risques qui sont au devant encore des USA dans les années à venir.

Car beaucoup des risques précédents ont été résolus avec un coup de pied dans la cannette pour la pousser un peu plus loin dans la rue. A savoir, de la dévaluation monétaire via la dette, toujours plus de dette.

La prochaine décennie pourrait bien être cruciale au moment même où les populations semblent perdre confiance dans les institutions bien aidées par de moins en moins d’intégrité des politiques et des messages clivants et polarisants.

Evidemment, la Chine qui remplace l’Union Soviétique dans la guerre froide. Et le fait que la puissance militaire des USA coute de plus en plus cher et est capable de moins bien de se projeter qu’avant et surtout a un désavantage de coûts par rapport à de nouvelles technologies.

La Chine a profité des vingt dernières années pour se rendre indispensable et devenir un premier partenaire avec de nombreuses nations, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Europe. Tout en restant fort, le dollar perd peu à peu de sa toute puissance dans les échanges mondiaux.

Moins de globalisation. Une force en moins pour l’empire américain ?

Un monde avec plus d’inflation, le tout avec un besoin important encore mais moindre de dollars mettent la pression sur les taux américains et la capacité de continuer de servir l’intérêt de la dette béante.

La guerre des tarifs douaniers va limiter aussi le besoin en dollars sans parler de tendre les relations commerciales durablement entre des nations « amies »

Le dollar est ainsi passé de 72% à 58% des réserves de change mondiale en deux décennies. Une baisse graduelle que certains disent voulue.

C’est aussi pourquoi on voit de plus en plus de banques centrales détenir de l’or dans leurs réserves.

Une rotation s’opère comme ce fut le cas post bretton woods.

Maintenant, il ne faut pas s’emballer, on peut parler dédollarisation mais cela va s’arrêter là, aujourd’hui rien ne peut remplacer le dollar même si l’euro gagne des gallons. Le Dollar reste roi même si c’est un roi moins tout puissant et c’est là encore voulu pour mettre la pression sur les partenaires en réduisant le déficit de la balance commerciale. Mais cela a des implications sur les taux et la demande de dette US aussi à un moment où celle ci explose et son financement pose question.

Tout comme l’empire romain. On aurait tort de penser que les empires s’effondrent du jour au lendemain pour une seule raison. C’est plutôt une lente érosion, petit à petit, une succession d’erreurs qui ensembles et pendant suffisamment de temps font que « subitement » c’est l’effondrement de l’empire.

Aujourd’hui les USA ont un déficit fiscal de 5-6% du PIB chaque année, on voyait ça en période de guerre avant, et c’est le plein emploi. Imaginez si c’était la crise ? En sus de la baisse généralisées des populations occidentales dans les décennies à venir.

Un empire riche pas si riche

On parle souvent du PIB par habitant des US.

De la force de leur marché boursier, de ses millionnaires.

Mais c’est le pays de l’écart social.

Si bien que le patrimoine médian est plus élevé en France qu’aux US. Les Riches sont très riches mais les pauvres, très pauvres. Et une majorité de la population ne vit pas le rêve américain.

On y vit moins bien et moins longtemps qu’en Europe. Le fonds de santé medicare sera vide d’ici 2032.

Si bien que le grand risque des prochaines années aux US est social, le tout galvanisé par la polarisation des politiques.

Et l’Ia vient faire peur et sera utilisée comme telle par les politiques pour trouver un bouc émissaire et pousser encore le vote partisan dans les prochaines élections.

C’est à ne pas négliger. Car en 1910, par idéologie, les US étaient capables de saborder leurs propres conglomérats énergétiques pour des raisons politiques plus qu’économiques.

Le vainqueur des prochaines élections en 2028 recevra un bilan compliqué et devra faire face à des échéances importantes socialement et économiquement au niveau de la dette.

La dévaluation et la fuite en avant de l’inflation semblent à ce stade les seules solutions alors qu’il faudra continuer d’investir à tout va dans l’armée, l’énergie, les infrastructures et donc l’IA pour conserver une position dominante face à la Chine qui fera face elle aussi à des défis majeurs.

C’est un point pour moi qu’on néglige trop souvent et qui est la faiblesse des USA à venir.

Mais justement, cette capacité à dépenser sans compter, c’est aussi, ce qui va permettre aux US de rester incontournables encore de nombreuses années.

Même avec une dette abyssale, tout le monde préfère prêter aux USA qu’a d’autres pays.

La population va encore rester croissante des décennies. La force de frappe économique, énergétique, vont demeurer. La puissance du dollar supplée par la puissance militaire également.

Et maintenant la force de frappe dans l’IA rend les USA encore plus incontournables.

Et n’oublions pas qu’en 2014, le pétrole de schiste fut un tournant qui repoussa de plusieurs décennies l’érosion de la puissance américaine.

Une population qui produit plus et pour moins cher grâce à des coûts de matériaux de base moins chers, reste un super avantage compétitif.

L’érosion sera là mais lente. Et il y’a fort à parier qu’elle va booster encore sa productivité grâce à l’IA et augmenter encore son PIB, ce qui permettra d’absorber une partie de la dette. Sans parler du fait qu’on travaille plus longtemps et qu’on consomme plus longtemps comme des actifs aussi et ce même à la retraite. le tout avec une inflation positive mais pas trop forte feront un bon combo pour résorber la dette sans des réformes ou de réduction des dépenses. Ce sera au final un peu des trois surement.

La retraite parlons en. Dépendante grandement des marchés financiers. Une force à ce stade mais une bourse qui en cas de baisse forte peut elle même déclencher une crise économique lorsque la majorité de la consommation provient de foyers aisés qui le sont grâce à leur portefeuille boursier au plus haut. Ils se serreront la ceinture à la moindre baisse de celui ci et déclencheront une crise économique induite par la baisse de la bourse.

Trump casse un peu ça. mais la force des USA vs la Chine c’est son immigration qui rajeunit la population globale et repousse le déclin démographique au-delà de 2050 alors que la Chine va en souffrir dès 2030.

L’Ia est un pari qui peut faire ou défaire les USA.

Mais plus que tout ce sont les US, par leurs électeurs et leur crainte de l’IA qui peuvent réguler et limiter l’IA et donc potentiellement défaire les US telle une prophétie auto réalisatrice en créant les propres maux dont ils ont peur en sabordant l’avancée technologique.

La FED devra donc malgré elle continuer à faire du quantitative easing à terme et ça continuera de plomber le dollar.

Mais les marchés, plus que jamais seront la seule alternative pour se protéger de l’inflation ou de toute attaque sur les dettes des pays occidentaux.

Le cash pourra être protecteur sur des épisodes court terme de déflation éventuels mais c’est bien une inflation linéaire et durable qui sera choisie comme solution à long terme pour résorber les niveaux d’endettement avec un combo inflation/croissance financée par stimulus.

Les marchés Us doivent leur force à la capacité de concentration qu’ont eu les portefeuilles ces dernières années. Mais cela pourrait tendre aussi vers leur fragilité prochaine.

Beaucoup trop de choses commencent à dépendre d’un petit groupe de milliardaires et de sociétés sur un gros pari qui tout en étant une révolution à ne pas laisser passer, connaîtra probablement des goulets d’étranglements qui mettront à mal la chaîne logistique et donc les prévisions trop optimistes et donc des revalorisations violentes attaquant le moral des investisseurs et donc du consommateur économique.

Nul ne sait quand. Mais tout investisseur doit forger un plan de diversification et protection au cas ou tout ne se passe pas comme dans un film américain avec un happy ending.

Et pour les autres pays ? Tout va se jouer sur des décisions fortes sur la démographie, la productivité pour compenser son déclin et la sécurisation des ressources nécessaires à une forme d’indépendance. Contrairement aux US, l’Europe si elle ne prend pas des décisions courageuses maintenant, continuera d’être en déficit de ressources peu chères et donc dans une incapacité d’être réellement indépendante et forte avec ce désavantage compétitif de manquer de ressources. Le nucléaire va revenir sur le devant de la scène mais ce sont des décisions qui auraient du être prise il y’a 10 ans déjà.

Mais au final c’est une question de culture avec des USA qui ont une culture du risque bien plus proéminente qu’en Europe.

Portefeuille Graphseo Bourse

En bourse, on continue de voir la rotation s’opérer. L’IA corrige mais sans remettre ne cause ses fondamentaux. Et ce sont les mal aimées de l’Ia qui rebondissent fort. Le logiciel, la santé, les martériaux. Le marché recherche les actifs tangibles en guise de défense.

Sur mon portefeuille je me sirs pas mal de l’épisode en étant exposé sur la rotation mais aussi en ayant des liquidités et des shorts semi conducteurs et Nasdaq en guide de couverture.

C’est ce qui permet de bien encaisse la période actuelle plus nerveuse et volatile. Alors que le marché attend déjà la réunion de la fed de fin juillet qui à mon sens ne devrait livrer aucune surprise sur un statu quo.

amicalement

Julien

Les lecteurs de cet article lisent maintenant :

PS: Tous mes investissements sont partagés en temps réel sur L'Académie des Graphs. Le portefeuille représente mes convictions personnelles consolidées (de mes différents courtiers) et n'est pas une incitation à l'achat ni à la vente. La performance en cours inclus les gains ou moins values latentes et l'impact du change sur les actions étrangères. Performance 2025: +145%; 2024: +41%; 2023: +38%; 2022: +46%; 2021: +122%; 2020: +121%; 2019: +79%; 2018: +21%; 2017: +24%; 2016: +12%; 2015: +45%; 2014: +30%; 2013:+72%, 2012:+9%, 2011:-11%... Clique-ici pour découvrir l'Académie des Graphs où je t'accompagne au quotidien, partage mes positions et portefeuilles dynamique et long terme en temps réel.

Mes écrits sont motivés par vos retours : Partagez mon travail et cet article

Julien

Julien

Julien Flot est Investisseur pour compte propre depuis 2006 et vous aide en toute transparence au quotidien à mieux investir en bourse. Julien est comme vous, il a un jour voulu débuter en bourse, rapidement perdu quelques milliers d'euros avant d'apprendre de ses erreurs, bâtir une stratégie et l'appliquer avec discipline. Aujourd’hui grâce à sa "stratégie du moindre risque" il est devenu un investisseur qui bat régulièrement le marché ! Sur Graphseo bourse, il partage depuis 2008 ses succès, échecs, conseils, analyses et investissements pour vous aider à mieux investir et gagner en bourse à moindre risque ! Découvrez l'histoire de Julien Flot ici.