Jeremy Grantham est l’un des meilleurs investisseurs au monde. Les journaux continuent de l’inviter sur les plateaux en le présentant comme l’investisseur milliardaire. Il est performant alors qu’il prévoit à chaque interview le plus gros krach boursier de l’histoire. Il a prévu probablement 30 des deux derniers krachs boursiers...
Ray Dalio dont la notoriété n’est plus à faire. Lui aussi, je crois qu’il prévoit le pire krach boursier de l’histoire depuis avant le covid. Et encore plus fortement depuis.
Par un post, pas une interview, pas une vidéo pour un argumentaire baissier sur les marchés.
« Je ne vois aucun moyen d’éviter une crise de la dette » : l’avertissement de Ray Dalio, le fondateur du plus important hedge fund mondial
On ne parlera pas de Michael Burry ou d’Howard Marks.
C’est bien simple. Tous les meilleurs investisseurs de l’ancienne génération sont unanime. La bourse va chuter. La prise crise financière va arriver.
Le seul problème.
C’est que cela fait des années qu’ils annoncent cela.

Et le marché a connu une performance historique depuis.
Alors, on pourrait conclure l’article rapidement en se disant : ils sont nuls. Ils ne faut plus les suivre. On passe à autre chose.
J’ai envie de dire que l’investisseur particulier doit en effet s’éviter du bruit de marché et n’écoutant que très peu les experts de marché.
Mais ici, le fait qu’a chaque interview tous ces grands investisseurs soient à chaque fois baissier alors que leurs performances sont elles en hausse, doit faire tiquer.
Il faut s’arrêter un moment sur le phénomène pour le comprendre.
Car ces experts sont sincères quand ils sont inquiets. Mais une bonne partie de leur fortune est aussi basée sur autre chose que leurs gains boursiers.
Explications
Ray Dalio, le fondateur de Bridgewater, le plus grand hedge fund au monde, alerte sur le risque d’une crise financière, liée à l’envolée incontrôlée de l’endettement mondial. Il décrit un monde qui s’approche de l’abîme et dans lequel les politiques ont abdiqué leurs responsabilités face au mur de la dette.
Il faut se rappeler que Ray Dalio est l’inventeur du All weather portfolio. Il en est arrivé à cette création pour survivre à tous les cycles potentiels.
Pourquoi ?
Car il a pris une grosse tôle au début de sa carrière et s’est trompé souvent. Il en est arrivé à la conclusion que prédire l’avenir est nécessaire mais très compliqué.
Et donc on peut penser ce qu’on veut, on doit gérer son argent avec une discipline qui va au delà de nos convictions personnelles et donc être prêt à toutes les éventualités et ajuster en fonction du vent ou ne rien ajuster avec un investissement passif dans tous les classes d’actifs.
Ray Dalio n’est pas tout seul, Paul Tudor Jones aussi est un spécialiste.
Ils sont toujours baissiers

Alors ces experts ont de bonnes raisons d’être inquiets sur l’avenir des marchés (le levier, la bulle, la dette, les survalorisations) . Ils ont connu de nombreux krach et je pense que le fait d’être négatif et baissier c’est surtout le fait d’être prudent et d’avoir un biais psychologiques par tous les traumatismes de précédents Krachs.
Leur discours est facile à comprendre. Il est difficile de ne pas être d’accord avec eux. Et en plus, ils continuent d’être performants malgré leur avis négatif sur la bourse.
Première chose. Etre baisser, être prudent, voir le pire arriver, c’est naturel chez l’humain. Nous avons avant tout un instinct de survie.
Plus on a de la bouteille en bourse, et plus on sait que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, plus on est prudent dans nos avis tout en continuer à surfer la vague.
Beaucoup d’investisseurs ne comprennent pas cela. Avoir une conviction sur le marché, une hypothèse et trader cette conviction sont deux choses différentes.
Moi même à chaque fois qu’on me demande mon avis, je pense que celui ci est défensif, prudent, axé sur les risques plus que sur les opportunités. C’est un biais d’années d’investissement et car on veut prévenir plutôt que guérir la nouvelle génération d’investisseurs.
Il y’a une différence entre ce que je peux penser et ce que je trade. Parfois ma pensée est trop anticipée par rapport à ce que fait le marché, je vais continuer de suivre le marché. Mais si le marché se retourne, je suis prêt. Et ça, ça vaut tout l’or du monde d’avoir la capacité de savoir retourner sa veste rapidement. Car les marchés vont vite une fois qu’ils ont tranché sur le nouveau narratif.
Ce n’est que quand le marché valide mes convictions que mes trades vont dans le sens de mes convictions. Et cela peut prendre du temps.
Donc pour ces grands investisseurs des marchés c’est pareil je pense. Ils ne sont pas Warren Buffett qui a la capacité de tenir ses lignes à -50%.
Puis la majorité de ces grands investisseurs ont des fonds. Ces fonds sont placés dans le sens du marché, à la hausse pendant que leur dirigeant disent sur tous les plateaux tv que la crise et le krach arrive.
C’est la leçon à retenir ici. La différence qu’il y’a entre le discours et les actions. Si dans la vie c’est une mauvaise idée, en bourse, c’est la façon d’investir et de gagner.
Et c’est la leçon que nous donnent ces investisseurs. Ils ont tort depuis des années sur l’avènement d’un krach boursier. Mais cela ne les a pas empêché d’être performant.
Quand vous regardez les portefeuilles sous gestion, jamais de la vie vous vous dites que le gérant est baissier et crie au krach. Ces portefeuilles sont concentrés, il y’a surtout du momentum, donc un suivi des meilleures actions du moment. Certains sont un peu plus value et diversifiés que les autres, mais cela s’arrête là . Ce sont des portefeuilles axés dans le sens du marché majoritairement.
Donc je ne pense pas qu’il faille y voir un double discours. Juste une capacité de se préparer à l’inattendu pour savoir être prêt à faire volte face rapidement.
Et puis pendant ce temps, personne n’écoute les optimistes dans un marché haussier. Quand on a un fonds, c’est plus facile d’attirer des encours en proposant une performance alignée sur celle du marché tout en ayant un discours prudent, cela fait protecteur, tête sur els épaules et sensé. C’est psychologique mais cela construit la confiance également.
Et puis la bourse est faite de cycle. Là où ces discours baissiers s’érodent, c’est que la tendance boursière est forte et haussière depuis tant d’année. Le cycle a été tellement fort, que ces experts sont catalogués comme has been comme Buffette pouvait l’être en 1999.
A force de crier au loup, plus personne n’écoute quand le loup est vraiment là.
C’est je pense le principal défaut actuellement. Il y’a un rejet maintenant fort de tout discours baissier sur la base que le marché fut un rouleau compresseur.
Mais la leçon importante ici pour l’investisseur particulier c’est que le cimetière des investisseurs est rempli de mecs qui ont suivi leurs convictions dans leurs investissements et ont eu raison trop tôt.
La leçon, c’est qu’on a peut avoir un avis sur le marché. On peut avoir des convictions sur ce que le marché peut et devrait faire. On peut avoir des hypothèses de travail, des scénarios. On doit les avoir. Avoir des plan, s’il se passe ça alors je fais ça.
Mais justement, agir seulement si le marché valide notre conviction.
On peut prévoir tout ce qu’on veut. Mais il est crucial de comprendre en bourse, qu’on ne gagne pas seul ni contre le marché.
Même si on prévoit un krach boursier, on ne gagne que lorsque le marché a décidé de penser la même chose.
On a besoin des flux pour avoir raison. Et des flux c’est d’autres personne, fonds, stratégies qui pensent comme nous et qui pas leur exécution valide un consensus qui valide une tendance.
Gagner en bourse a mille pères. On a besoin que le marché pense comme nous.
On peut penser en avance. Mais on doit exécuter dans le sens du marché.
On prédira peut être les points hauts et les point bas. C’est quelque chose qui peut arriver mais qui est difficilement reproductible. Gagner en bourse c’est comprendre qu’on ne gagne pas durablement à acheter bas et vendre haut.
Mais bien à acheter haut et vendre encore plus haut.
Et répéter cela des centaines voire des milliers de fois sur une vie d’investisseur.
C’est cela qui change une vie.
Portefeuille Graphseo Bourse
Le mois de juin se termine. Ma performance fut tirée par mes shorts sur les semi conducteurs qui furent bien négociés puis par de bonnes prises de position sur la biotech surtout.
Sur mon bas de laine, la perf se corrige d’une mauvaise gestion de mes lignes sur les logiciels. J’ai souvent eu un mauvais timing. Mais je continue à œuvrer pour aller chercher de la surperformance maintenant que l’objectif est achevé. Cela implique d’accepter plus de volatilité et de continuer d’être agressif même sur mon bas de laine.
On peut toujours faire mieux mais pour cette année 2026, au vu du capital géré, je tombe rapidement dans des biais émotionnels. Une question de s’adapter peu à peu aux montants et à la volatilité actuelle du marché.
Je chercherai surement après cet épisode à réduire la taille des lignes pour lisser un peu la volatilité et réduire l’impact émotionnel qui a refait surface dans mes décisions et qui est toujours contre productif.
amicalement
Julien
Les lecteurs de cet article lisent maintenant :
PS: Tous mes investissements sont partagés en temps réel sur L'Académie des Graphs. Le portefeuille représente mes convictions personnelles consolidées (de mes différents courtiers) et n'est pas une incitation à l'achat ni à la vente. La performance en cours inclus les gains ou moins values latentes et l'impact du change sur les actions étrangères. Performance 2025: +145%; 2024: +41%; 2023: +38%; 2022: +46%; 2021: +122%; 2020: +121%; 2019: +79%; 2018: +21%; 2017: +24%; 2016: +12%; 2015: +45%; 2014: +30%; 2013:+72%, 2012:+9%, 2011:-11%... Clique-ici pour découvrir l'Académie des Graphs où je t'accompagne au quotidien, partage mes positions et portefeuilles dynamique et long terme en temps réel.


