Anthropic en bourse : Le vrai crash test pour l’IA

Ce qu’il faut retenir :

  • Le test ultime pour la Bourse : Prévue pour mi-novembre, l’introduction en bourse (IPO) d’Anthropic (créateur de Claude) sera le crash-test de la tech. Si elle échoue, elle pourrait faire réaliser au marché que la rentabilité des LLM est une illusion et provoquer un krach sectoriel (problème de liquidité).
  • Valorisation extrême vs Ralentissement : Anthropic vise une valorisation délirante de 1 500 à 2 000 milliards de dollars (soit 30 fois ses revenus récurrents). Problème : après un T2 explosif (+140%), la croissance des revenus s’est tassée au T3 (+45%), soulevant de sérieux doutes sur son « moat » (avantage concurrentiel).
  • Le piège du modèle économique (Coûts vs Prix) : Le prix moyen de l’utilisation de l’IA (le token) s’effondre à cause de la concurrence Open Source, tandis que les coûts d’infrastructure (puces, serveurs, énergie) explosent. Pour survivre, Anthropic a déjà verrouillé plus de 500 milliards $ d’investissements sur 10 ans.
  • La mascarade de la régulation : Les appels de la Silicon Valley (Altman, Amodei, Musk) à réguler l’IA pour « sauver l’humanité » sont en réalité une manÅ“uvre pour verrouiller le marché. Leur but : créer des barrières réglementaires infranchissables pour tuer la concurrence Open Source.
  • Qui va payer la facture ? Les ETF et les particuliers : Dès son entrée en bourse, les fonds indiciels (Nasdaq 100) seront obligés d’acheter l’action Anthropic, créant une hausse artificielle. Mais attention : quand les investisseurs historiques (Google, Amazon) auront le droit de vendre (fin de la période de lock-up), le marché risque d’être inondé d’actions, faisant s’effondrer le cours.

Mi Novembre, Anthropic doit s’introduire en bourse. Le secteur IA est attaqué depuis cet été. Et cette introduction sonne déjà comme un point pivot dans la bulle IA. Anthropic peut elle relancer la flamme spéculative ou couler le bateau IA et avec elle crasher la bourse ?

La période n’est pas la mieux choisie et certains doivent regretter d’avoir repoussée l’introduction prévue en Juin.

Anthropic pourrait repousser une nouvelle fois mais les pressions des investisseurs doivent être fortes. Des entreprises comme amazon, Google mais aussi des individus comme les patrons de multinationales vont gagner gros, très gros. Certains voudront vendre, d’autres conserver, d’autres seront bloqués encore des mois après l’introduction avant de pouvoir vendre.

La nervosité sur le secteur IA est palpable alors que rien n’a changé sur le fond. Toujours autant d’argent sera investie t ruissellera sur les secteurs en aval. Mais le doute de la capacité de financer encore longtemps tout ceci pointe le bout de son nez.

Comme toujours les bulles explosent pour un problème de liquidité, même les bulles qui ne sont pas chèrement payées comme on pourrait le penser avec l’IA.

Les premières craquelures arrivent. Et avec elle les promesses d’Anthropic de créer un fond avec ses propres actions qui aura pour but à chaque hausse de 50% et plus de redistribuer des richesses via des investissement set donations pour le bien de l’homme. Une campagne de séduction léchée avant son introduction en bourse. Mais en soit, autant donner directement des actions au peuple à ce moment là comme Musk semble le promettre en voulant donner 1 action Spacex par enfant américain.

L’introduction en bourse d’Anthropic peut elle faire réaliser au marché le risque de l’IA pour la bourse ?

Alors que l’engouement pour l’intelligence artificielle a propulsé les indices boursiers mondiaux et le PIB américain vers des sommets inédits depuis trois ans, de sombres nuages s’accumulent au-dessus du secteur tech. L’étincelle est venue du Nasdaq, où le fournisseur de cloud pour l’IA CoreWeave — lourdement endetté et étroitement lié à Microsoft et OpenAI — s’est brutalement effondré de 15 %. Une secousse qui a immédiatement ébranlé les valeurs technologiques mondiales et les marchés asiatiques.

Derrière la chute des acteurs de l’infrastructure, ce sont désormais les modèles économiques des leaders du secteur, Anthropic et OpenAI, qui suscitent une inquiétude grandissante chez les investisseurs. Entre révisions à la baisse des prévisions financières, coûts de calcul incontrôlables et report stratégique des introductions en Bourse, les doutes s’installent quant à la pérennité de cette croissance industrielle.

Sommes-nous à la veille de l’explosion de la bulle IA ou au début d’une nouvelle ère financière ? Voici l’analyse détaillée des cinq enjeux majeurs qui façonneront l’avenir boursier et technologique de l’intelligence artificielle.

La régulation de l’IA : Sauver l’humanité ou verrouiller le marché ?

Face aux micros, les patrons de la Silicon Valley adoptent une posture apocalyptique. Sam Altman (OpenAI), Elon Musk (xAI) et Dario Amodei (Anthropic) alertent publiquement sur le risque que l’IA détruise l’humanité. Tous trois réclament une intervention urgente du gouvernement américain pour encadrer, réguler et freiner le rythme de développement de la technologie.

Pourtant, cette soudaine bienveillance éthique dissimule une classique manÅ“uvre de captation réglementaire (regulatory capture). En poussant l’État à imposer un cadre normatif strict, les géants établis cherchent avant tout à élever des barrières à l’entrée infranchissables pour bâtir un rempart oligopolistique. L’objectif stratégique est double : étouffer l’émergence des modèles open-source (ou open-weight) et protéger leurs parts de marché lucratives face à la concurrence.

Cette tactique s’inspire directement du modèle d’Apple : prétexter la sécurité et la protection des utilisateurs pour verrouiller un écosystème, marginaliser la concurrence et préserver d’immenses marges bénéficiaires. De plus, dans le contexte d’une guerre froide technologique avec la Chine, un ralentissement réglementaire pose question : les décideurs politiques accepteront-ils d’imposer des contraintes aux acteurs occidentaux pendant que Pékin poursuit le développement de ses propres modèles ? La régulation demandée par les PDG ressemble fort à un prétexte opportun pour sanctifier leurs positions dominantes.

L’IPO d’Anthropic : Une valorisation pharaonique déjà sous pression

Anthropic, l’entreprise derrière le modèle Claude, s’apprête à signer l’une des introductions en Bourse les plus massives de l’histoire financière. La société prévoit de lever jusqu’à 100 milliards de dollars avant son IPO, visant initialement une capitalisation boursière théorique de 2 000 milliards de dollars au premier jour de cotation — surpassant ainsi la valorisation historique de SpaceX.

Cependant, la réalité des marchés commence à rattraper ces ambitions démesurées. Actuellement valorisée à 925 milliards de dollars lors des derniers tours privés, l’entreprise voit certains investisseurs revoir leurs prétentions à la baisse : les projections pour l’IPO sont désormais ajustées autour de 1 500 milliards de dollars, soit une décote d’un quart par rapport aux estimations de la fin de l’été.

Cette prudence s’explique par la trajectoire de ses revenus :

  • Chiffre d’affaires annuel 2025 : 4,6 milliards de dollars
  • Premier trimestre 2026 : 4,7 milliards de dollars
  • Deuxième trimestre 2026 : 11,6 milliards de dollars (+140 %)
  • Troisième trimestre 2026 : 16,8 milliards de dollars (+45 %)

Parallèlement, les revenus annuels récurrents (ARR) d’Anthropic ont connu une accélération fulgurante, passant de 9 milliards de dollars en décembre à 65 milliards de dollars en juillet. Rapportée à son objectif initial de capitalisation de 2 000 milliards de dollars, l’entreprise se payerait près de 30 fois son ARR.

Si le bond spectaculaire du deuxième trimestre s’expliquait par l’adoption massive de Claude Code par les développeurs et par un changement de facturation ayant augmenté le coût moyen pour les utilisateurs, le ralentissement relatif au troisième trimestre (+45 %) instille le doute. Comme le souligne l’analyste Martin Peers de The Information, ce tassement de la croissance remet en question la durabilité de l’avantage concurrentiel (moat) d’Anthropic au moment le plus critique de son histoire financière.

L’illusion de la rentabilité et le choc des modèles économiques

Le marché de l’IA fait face à un schisme structurel, illustré par la divergence entre la trajectoire grand public d’OpenAI et le positionnement B2B d’Anthropic :

  • OpenAI : Le pionnier du secteur accuse des pertes abyssales de plus de 10 milliards de dollars par trimestre. Après avoir laissé fuiter un ARR de 70 milliards de dollars fin septembre, la direction a dû corriger ce chiffre à la baisse à 50 milliards de dollars, provoquant la stupeur des investisseurs. Cette révision a contraint l’entreprise à reporter son IPO à 2027, évitant ainsi un télescopage de liquidités avec Anthropic.
  • Anthropic : Grâce à son ancrage auprès des entreprises et à l’intégration de Claude Code par les développeurs, l’entreprise a affiché un bénéfice opérationnel sur un trimestre. Toutefois, l’exercice global demeure déficitaire. Cette rentabilité temporaire s’apparente à une volonté « d’embellir la mariée » avant l’IPO via des réductions temporaires de coûts et des hausses tarifaires ciblées, avant la reprise inévitable des dépenses d’infrastructure.

Cette distorsion entre valorisation boursière et réalités comptables est au cÅ“ur des inquiétudes. Concernant la restructuration financière d’OpenAI, le constat des analystes est sans appel :

« L’enjeu devient considérable lorsqu’on regarde la valorisation. OpenAI chercherait à lever au moins 30 milliards de dollars sur une valorisation de 1 400 milliards, avant apport des nouveaux capitaux. Rapporté aux revenus annualisés de septembre, cela représente 28 fois les ventes. À ce niveau, une croissance spectaculaire doit s’accompagner d’une trajectoire crédible vers la rentabilité. » — Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l’analyse des marchés chez eToro.

Le piège de l’écosystème : Le prix du token s’effondre, le coût du calcul explose

L’équation économique des géants de l’IA souffre d’un découplage fondamental mis en évidence par les données du fonds Andreessen Horowitz : alors que le prix moyen du token continue de baisser, le coût de la puissance de calcul s’envole.

Ce phénomène génère une compression structurelle des marges brutes. Si la baisse du prix du token stimule le volume global d’utilisation (ce qui fait croître le chiffre d’affaires facial), elle ne suffit pas à compenser l’explosion des investissements en capital (CapEx) nécessaires pour entretenir les serveurs et les puces de dernière génération.

Face à ce gouffre opérationnel, les engagements financiers dans les infrastructures atteignent des niveaux colossaux :

  • OpenAI a engagé 750 milliards de dollars d’investissements d’ici 2030 pour sécuriser ses capacités de calcul.
  • Anthropic a verrouillé 513 milliards de dollars sur dix ans et prévoit de dépenser 500 milliards de dollars supplémentaires dans les années à venir.

En parallèle, la capacité de fixation des prix (pricing power) des leaders propriétaires est directement menacée par la montée en puissance des modèles open-weight (notamment chinois) et par des initiatives stratégiques majeures, à l’image du rachat récent d’Hugging Face par Nvidia destiné à pousser l’écosystème open-source. La puissance de calcul restant rare et chère, elle pèsera lourdement sur la rentabilité opérationnelle du secteur pendant encore plusieurs années.

Particuliers et ETF : Qui va vraiment éponger la facture de l’IPO ?

L’introduction en Bourse d’Anthropic sur le Nasdaq va déclencher une mécanique institutionnelle bien rodée. Dès son intégration accélérée dans le Nasdaq 100, les fonds indiciels et les ETF se verront contraints d’absorber passivement le titre pour répliquer leurs indices de référence, indépendamment de toute considération sur les fondamentaux comptables ou la viabilité des modèles de langage.

Cette absorption forcée de liquidités, combinée à l’engouement des investisseurs particuliers et à un flottant initialement très restreint, pourrait provoquer une envolée spéculative lors des premières séances — un schéma identique à celui observé lors de l’IPO de SpaceX. Toutefois, cette configuration présente un double risque pour le marché :

  1. La déconnexion des multiples de valorisation : Lors du sommet de la bulle internet en l’an 2000, se payer 10 fois le chiffre d’affaires était considéré comme une anomalie spéculative extrême. Aujourd’hui, Anthropic sollicite une valorisation s’élevant à plus de 30 fois son chiffre d’affaires (et près de 30 fois son ARR).
  2. Le choc d’offre post-lock-up : Les actionnaires historiques d’Anthropic (notamment Amazon, Google et Salesforce) chercheront à extérioriser leurs immenses plus-values latentes dès l’expiration de la période de conservation des titres (lock-up). La mise sur le marché de ces blocs d’actions augmentera brutalement le flottant dispo, exigeant un flux d’acheteurs d’une ampleur inédite pour éviter un écroulement des cours.

Révolution industrielle ou mirage financier ?

Au-delà du storytelling des fondateurs et de la dynamique des flux Boursiers, la valeur à long terme d’Anthropic se mesurera à l’aune de rudes réalités économiques : le coût unitaire de traitement par requête, le taux de conversion des utilisateurs vers des offres payantes, et la capacité à maintenir une différenciation technique (moat) face à l’open-source et aux contraintes énergétiques imposées par la politique d’implantation des data centers.

Alors que les mega-IPO se succèdent et absorbent la liquidité disponible sur les marchés, les investisseurs devront trancher.

Vous l’avez compris, je ne suis pas acheteur d’Anthropic. Cela peut être une bonne boîte avec de bonnes perspectives que cela n’en fait pas nécessairement un bon investissement à ce niveau de valorisation.

Je jouerai comme pour SpaceX les allez retours volatils puis après quelques mois quand j’aurai assez d’historique, que des investisseurs auront augmenter le flottant du titre en vendant, peut être une tendance plus moyen terme. Mais là je ne rentre pas à l’aveugle quitte à louper l’effervescence des débuts.

Selon vous, la valorisation actuelle des géants de l’IA repose-t-elle sur les fondations d’une réelle révolution industrielle ou assistons-nous au plus grand mirage financier de la décennie ?

Portefeuille Graphseo Bourse

Je continue d’être prudent, très cash et très orienté valeurs défensives notamment sur mon portefeuille bas de laine. ici, je tente quelques rebonds sur la base de la publication des résultats qui arrivent et seront bons. Mais seront ils assez bons ?

A la vue de la correction déjà sur certains titres, je pense qu’on peut avoir de beaux rebonds mais sur lesquels il faudra savoir faire des A/R. Bref, je ne me précipite pas, si je loupe le rebond, je loupe le rebond. Protection du capital et de la perf avant tout sans jouer au héros. On y verra plus clair sous peu.

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amicalement

Julien

PS: Tous mes investissements sont partagés en temps réel sur L'Académie des Graphs. Le portefeuille représente mes convictions personnelles consolidées (de mes différents courtiers) et n'est pas une incitation à l'achat ni à la vente. La performance en cours inclus les gains ou moins values latentes et l'impact du change sur les actions étrangères. Performance 2025: +145%; 2024: +41%; 2023: +38%; 2022: +46%; 2021: +122%; 2020: +121%; 2019: +79%; 2018: +21%; 2017: +24%; 2016: +12%; 2015: +45%; 2014: +30%; 2013:+72%, 2012:+9%, 2011:-11%... Clique-ici pour découvrir l'Académie des Graphs où je t'accompagne au quotidien, partage mes positions et portefeuilles dynamique et long terme en temps réel.

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Julien

Julien

Julien Flot est Investisseur pour compte propre depuis 2006 et vous aide en toute transparence au quotidien à mieux investir en bourse. Julien est comme vous, il a un jour voulu débuter en bourse, rapidement perdu quelques milliers d'euros avant d'apprendre de ses erreurs, bâtir une stratégie et l'appliquer avec discipline. Aujourd’hui grâce à sa "stratégie du moindre risque" il est devenu un investisseur qui bat régulièrement le marché ! Sur Graphseo bourse, il partage depuis 2008 ses succès, échecs, conseils, analyses et investissements pour vous aider à mieux investir et gagner en bourse à moindre risque ! Découvrez l'histoire de Julien Flot ici.