Prévision cac 40 pour la séance du 15 septembre 2014

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Peu de volumes, peu de marges. La séance du cac 40 du jour et à l’image de celle d’hier. La consolidation arrive à enfoncer les positions acheteuses mais pas à les faire craquer. Nous avons eu droit à un nouvel échec dès l’ouverture ds acheteurs sur les 4445. Sous 4450 points donc et surtout sous 4465 points, le signal d’achat ne se déclenche pas et on reste en consolidation. Les investisseurs sont sur la réserve pour cause de grosse actualité lundi. D’ores et déjà nous aurons une réponse sur l’indépendant de l’Ecosse, la FED et Moody’s qui mettra à jour la note de crédit de la France. Voilà donc de quoi amener de la volatilité lundi et on comprend mieux la non prise de risque de ces derniers jours. Pour lundi donc on prend les mêmes et on recommence. Sous 4450 points point de signal d’achat. Mais tant que l’on reste dans le biseau avec 4400 en support, il n’y aura pas de paniquer à la baisse. Donc voilà, on reviendra à l’achat au-dessus des 4450 points et je lâcherai mes ventes à découvert. Où la panique s’empare de la bourse avec une baisse sous 4400 et un retour sur les 4330 points.

analyse cac 40


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A propos de l'auteur Julien Flot

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  • Michou dit :

    Salut Julien, je cherche quelques actions à fort potentiel pour cette fin d’année 2014 (hors CAC40)….As-tu des idées?

  • Julien dit :

    Peu d’hommes connaissent les allées du pouvoir et les impératifs de l’économie comme Jacques Attali. Au milieu de l’année dernière, il publiait “Urgences françaises” (Fayard), un “chemin d’éveil” dans lequel il exhortait le président de la République : “Il ne lui reste qu’un an tout au plus pour prendre toutes les bonnes décisions, anticiper les douleurs futures, dire la vérité sur les facteurs d’immobilisme, et choisir ce qu’il veut faire vraiment pour la France.” On aurait pu imaginer qu’avec “le formidable discours du président en janvier”, selon Attali lui-même, le pacte de responsabilité, la nomination de Manuel Valls comme Premier ministre et le virage social-libéral, François Hollande se soit montré à la hauteur des attentes de l’ancien sherpa de François Mitterrand. Copie insuffisante, martèle pourtant l’intraitable vigie de la gauche moderne. A moins que…

    Les décisions prises par le deuxième gouvernement Valls vont-elles dans le bon sens ?

    Jacques Attali. Je vous donnerai ma réponse le 2 octobre. Il reste moins d’un mois pour prendre les bonnes décisions. Le calendrier est très important. Le 10 septembre, le Conseil des ministres avalise la trajectoire des finances publiques. Les 12 et 13, ce document est discuté au niveau européen, à l’Ecofin de Milan et au Haut Conseil des finances publiques. Le 16, Manuel Valls demande un vote de confiance au Parlement et le 18, François Hollande donne sa conférence de presse. Enfin, le 1er octobre, le projet de budget 2015 est présenté. En quelques semaines, il faut donner un immense coup de barre, sinon le mandat de François Hollande sera terminé, et mal terminé.

    Quels seraient les marqueurs de ce “coup de barre” ?

    J’en vois cinq: une véritable maîtrise des dépenses, avec un déficit budgétaire en 2015 inférieur à celui de 2014 (fondé sur une hypothèse decroissance nulle et une parité euro-dollar réaliste), et des baisses réelles des dépenses, en euros, et pas sur les économies imaginaires. Le dépôt de textes de loi sur le travail du dimanche, les seuils sociaux, la réforme de l’Etat et des collectivités territoriales, le logement. En plus, il faut remettre en chantier la loi sur la formation professionnelle pour mettre fin à ce gaspillage scandaleux. Si tout cela est fait, avec l’obsession de protéger les plus faibles, alors le pays sera dans une bonne direction.

    La politique probusiness n’est-elle pas aussi un marqueur positif ?

    Non. Ce discours n’est positif que du point de vue du Medef. C’est un chiffon rouge à l’égard du reste de la nation. Il aurait fallu dire : voilà le programme précis que je vous propose en vue de réduire les injustices par la mobilité sociale et la création d’emplois. Et pour y arriver, l’entreprise est le principal acteur.

    Quel projet faudrait-il porter ?

    Il faut expliquer aux Français pourquoi on leur demande des efforts, avec un discours fort expliquant où l’on veut emmener la France, à l’horizon 2040. En capitalisant sur nos atouts – en France, en Europe et dans la francophonie, ce trépied qui me rend très optimiste sur notre avenir et permet les réformes.

    Ne constatez-vous pas une accélération de leur rythme ?

    Dans le discours, mais pas encore concrètement. Sur le travail du dimanche, par exemple, il n’y a pas encore de projet de loi. Et la vraie réforme territoriale n’est pas encore faite. Il faudrait fusionner les communes avec les intercommunalités : on passerait alors de 36.000 à 2.500. Au lieu de discuter des frontières des régions, d’un découpage souvent absurde, sans parler du fond… C’est typique de la réforme à la française. On cause, on cause…

    L’aggiornamento idéologique des dirigeants socialistes est toutefois une bonne nouvelle…

    Comme disait Cocteau, il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. Ce qui compte, c’est ce qu’on fait. Et c’est vrai à gauche comme à droite. S’il y a un aggiornamento sans réformes et surtout sans projet de société, cela ne sert à rien.

    Le pacte de responsabilité trouve-t-il grâce à vos yeux ?

    Non. Il faut traiter notre problème de compétitivité par l’innovation et par la TVA sociale. En allemand, la “TVA sociale” est désignée comme une “dévaluation fiscale”. C’est le mot juste. Les Espagnols ont fait une dévaluation par une baisse des salaires et des prix. Les Allemands l’ont fait beaucoup plus intelligemment par la TVA, la seule façon de dévaluer à l’intérieur de la zone euro. Augmenter cet impôt renchérit le prix des importations et réduit celui des exportations, en transférant une partie des charges sociales des entreprises sur cette taxe. Je propose une hausse de trois points de TVA. Un point serait rendu aux salariés sous forme d’augmentation de salaire net en réduisant les cotisations sociales. Et deux points seraient utilisés pour réduire le déficit.

    Sur le logement, le plan Valls est-il pertinent ?

    Oui. Il fallait abandonner la loi Alur, totalement néfaste, et le gouver-nement l’a fait. Pour moi, la vraie mesure pour accroître la construction de logements, c’est de retirer aux maires l’attribution des permis de construire et de la rendre aux préfets.

    S’attaquer aux professions réglementées, c’est un bon signal…

    C’est un leurre. Mettre en avant les professions réglementées, c’est la stratégie de ceux qui veulent faire échouer les réformes. En 2008, lorsque le rapport de la commission sur la libération de la croissance est sorti, sur ses 316 propositions, seule celle sur les taxis a été médiatisée. Et les quelques chauffeurs qui ont manifesté devant France Télévisions le jour où j’ai présenté nos travaux sur le plateau de David Pujadas ont réussi à tuer un rapport qui portait sur 300 autres sujets essentiels. Aujourd’hui, c’est la même chose. La réforme va échouer et bloquer toutes les autres. Il faut hiérarchiser, distinguer l’urgent de l’important.

    Comme ?

    Les réformes qui intéressent les générations futures : l’éducation, la santé, le logement, la maîtrise de la dette et la transition écologique. Et nos politiques doivent expliquer que la seule solution, c’est le projet européen, fédéraliste, qui vise à recréer les conditions de croissance. L’Europe doit pouvoir emprunter pour lancer un programme de grands travaux sans mutualiser les dettes nationales. Et vite.

    Mais cela alourdirait encore la dette des pays de l’Union…

    Non. Notre dette publique finance très peu l’investissement. La dette en soi n’est pas mauvaise. Ce qui est mauvais, c’est quand elle sert à financer le quotidien.

    Quel est le bon niveau pour la dette ?

    Avec des taux d’intérêt très bas actuellement, on peut se permettre d’avoir une dette dépassant beaucoup le ratio de 60% du PIB du traité de Maastricht. Mais son poids global va bientôt atteindre 100% du PIB, avec un risque de défaut quand les taux réaugmenteront. Il faut donc le réduire, en dégageant un excédent primaire, en essayant de ne pas freiner la croissance ; d’où la primauté à donner aux réformes.

    Parlant de l’Europe du Sud, vous n’évoquez jamais les baisses des salaires des fonctionnaires ou des prestations sociales, comme l’ont fait les Espagnols et les Grecs. Est-ce tabou en France ?

    Ce n’est pas nécessaire. Il faut mieux payer les professeurs et les policiers et lutter contre les gaspillages, nombreux parmi les 45 milliards d’aides au logement et les 32 milliards de la formation professionnelle. Il serait fou de vouloir réduire les salaires des professeurs. Il faut au contraire les augmenter, car leur rôle est fondamental.

    Comment expliquer le blocage de la France face aux réformes ?

    Par l’absence de courage politique. Toutes les réformes essentielles sont sur la table depuis le rapport de la commission que j’ai présidée, en 2008. Et elles n’ont toujours pas été faites. Pourquoi faire de la politique, sinon pour faire des réformes ? A quoi ça sert, si c’est uniquement pour se maintenir au pouvoir ?

    A gauche comme à droite ?

    Oui. Tous ont peur que leur tête finisse au bout d’une pique – l’expression vient de Nicolas Sarkozy – et de ne pas être réélus. Le drame français a commencé avec la cohabitation de 1986 (Mitterrand-Chirac), et celles qui ont suivi. Puis Jacques Chirac a été un “roi fainéant”. Et pendant vingt ans, ce pays n’a rien fait. Quant à Nicolas Sarkozy, il a été excellent dans la gestion de la crise de 2008, mais il n’a pas eu le courage dans les réformes, craignant lui aussi d’être impopulaire. Quitte à être impopulaire, au moins faut-il le mériter !

    Au risque de gouverner “en se bouchant les oreilles”, comme vous l’avez recommandé…

    Je vais vous répondre par une anecdote : j’avais demandé à François Mitterrand, dans l’avion qui nous ramenait du premier sommet européen après son élection en juin 1981, quelle était pour lui la qualité principale d’un homme d’Etat. Il m’avait répondu : “J’aurais aimé vous dire le courage. Mais c’est l’indifférence.” Cela signifiait pour lui : j’ai un projet, dont je suis fier, pour l’avenir de la France, donc je m’entête – c’est ça, un homme d’Etat. Alors qu’aujourd’hui nous sommes dans la dictature des postures.

    Qu’attendez-vous de nos hommes politiques ?

    L’essence du politique, c’est d’anticiper le pire scénario et d’agir en fonction. C’est de faire en sorte que les réformes soient excessives par rapport aux besoins, ou éventuellement de relâcher la pression. Et non pas d’avoir une succession de réformes insuffisantes, en espérant que la croissance mondiale revienne… C’est la tragédie de la classe politique française : attendre toujours quelque chose des autres.

    Quel est le degré d’urgence ?

    Maximal. Le monde est dans une situation terrifiante, mêlant déflationtechnologique – une baisse des prix liée à la concurrence – et la dette. Il n’y a rien de pire. Certes, les banquiers centraux ouvrent les vannes – la dernière à le faire est la BCE –, mais les banques centrales ne sont là que pour donner aux gouvernements un peu de temps.

    Craignez-vous une explosion sociale ?

    Oui. Si rien n’est fait pour ouvrir aux citoyens une vision de long terme, la crise se terminera par une révolution. En fait, ni la gauche ni la droite ne veulent gouverner. La gauche voit que les élections régionales sont perdues. Et une façon de sauver les meubles serait de ne plus être aux affaires. La seule qui veut gouverner, c’est Marine Le Pen. Et la France se donne toujours à celui qui a le plus envie d’elle. Aujourd’hui, tout est en place pour que Marine Le Pen soit élue. Heureusement, son programme suicidaire, prônant notamment la sortie de l’euro, rend peu probable son élection. Ce qui m’inquiète, c’est qu’elle en parle de moins en moins…

    source challenges

  • Julien dit :

    es nouvelles sanctions économiques imposées par les Etats-Unis et l’Union européenne à la Russie vont avoir pour effet de geler ou de compliquer le financement de nombreux projets pétroliers impliquant des groupes étrangers.

    En vertu des sanctions décidées vendredi par les Etats-Unis, Gazprom, Gazprom Neft, Lukoil, Surgutneftegas et Rosneft ne pourront plus coopérer avec des firmes occidentales dans l’exploration ou la production en eaux profondes, dans l’offshore arctique ou dans le gaz ou le pétrole de schiste.

    Ces nouvelles mesures, destinées à punir l’attitude du président Vladimir Poutine dans la crise ukrainienne, durcissent les précédentes sanctions qui se bornaient à interdire les exportations d’équipements de haute technologie à l’industrie pétrolière russe.

    Parmi les projets désormais menacés figure un programme clé de forage que la compagnie américaine Exxon Mobil a débuté en août dans l’Arctique russe dans le cadre d’une coentreprise avec Rosneft.

    Ce projet sera suspendu, comme des dizaines d’autres conclus par Rosneft et Gazprom Neft avec Exxon, Royal Dutch Shell, Statoil ou l’Eni.

    “Le fait de ne plus pouvoir disposer des ressources technologiques et des services des firmes américaines et européennes rend impossible, ou du moins très compliquée, la poursuite de ces projets (…) Il n’existe pas vraiment de moyens de substitution ailleurs”, a déclaré vendredi un haut responsable de l’administration américaine.

    Un délai de 14 jours a été imparti aux firmes pour se mettre en conformité avec les sanctions, pour lesquelles il n’y aura “aucun sanctuaire”, selon l’expression du responsable américain.

    “TROP TARD”

    La Russie, le deuxième exportateur mondial de pétrole, compte sur ses réserves en Arctique et sur le pétrole de schiste pour compenser le déclin de ses gisements vieillissants en Sibérie afin de maintenir sa production à environ 10,5 millions de barils par jour.

    Valeri Nesterov, de la banque nationale Sberbank – également visée par des sanctions – prévoit des lendemains difficiles.

    “Le plus préoccupant, ce sont les sanctions ciblant le pétrole dit ‘difficile’. Les compagnies russes n’ont pas investi assez dans la recherche et la technologie, elles se reposaient sur les technologies occidentales et maintenant c’est trop tard”, dit-il.

    Parmi ces réserves de pétrole difficile à extraire figure notamment la formation géologique dite de Bajenov, située sous des gisements matures en Sibérie occidentale et censée renfermer jusqu’à 3.000 milliards de barils de pétrole – soit quatre fois le montant des réserves de l’Arabie saoudite.

    Rosneft et Gazprom Neft travaillent sur le site en tandem avec Exxon et Shell, et Lukoil y a un projet de coentreprise avec Total.

    “Quand on a eu connaissance des premières sanctions, on a décidé d’accélérer le travail sur tous les fronts pour minimiser les dégâts”, rapporte une source de Rosneft.

    Igor Setchine, le patron de Rosneft qui est un proche de Vladimir Poutine, a affirmé début septembre que le groupe avait approuvé un programme visant à remplacer toutes les technologies occidentales sur le moyen terme.

    Selon Mikhaïl Leontiev, porte-parole de Rosneft, le service juridique de la firme étudie les sanctions et leurs implications pour les forages en commun avec Exxon dans l’Arctique.

    Rosneft a au total 44 dépôts offshore dans l’Arctique et en mer noire, avec des réserves estimées de 300 milliards de barils qu’il comptait exploiter avec Exxon, Eni et Statoil.

    Une source de Lukoil, principal compagnie pétrolière privée de la Russie, a reconnu que les sanctions faisaient l’effet d’un choc. “On ne pensait vraiment pas se retrouver sur la liste”, a-t-elle dit.

    LE ROBINET DU CRÉDIT FERMÉ

    Lukoil est le groupe russe le plus présent à l’étranger avec, entre autres, des actifs au large du Ghana, en mer Caspienne ou en Irak.

    Les sanctions décidées vendredi, de l’aveu des Etats-Unis, visent à épargner le plus possible la production conventionnelle ou les projets étrangers des compagnies russes.

    “Les opérations de Lukoil aux Etats-Unis, par exemple ses stations-service, ne seront pas affectées”, a dit le haut responsable lors d’un point de presse.

    Mais les sanctions entraveront sa capacité à obtenir des financements, y compris pour ses projets à l’étranger et notamment au large du Ghana, selon des banquiers et traders.

    Lukoil a été la dernière compagnie pétrolière russe à emprunter à l’étranger – 1,5 milliard de dollars levés, y compris auprès de banques américaines – mais le robinet du crédit est fermé depuis les sanctions de juillet.

    “Une fois que vous êtes sur la liste, emprunter devient impossible ou presque”, dit un trader d’une maison de négoce occidentale qui a l’habitude de travailler avec les Russes.

    Selon Washington, les nouvelles sanctions aggraveront les difficultés de l’économie russe menacée de récession sur fond de chute du rouble et de fuite des capitaux.

    Si les compagnies pétrolières se tournent vers la banque centrale pour obtenir des financements, elles réduiront les ressources de l’Etat.

    Vitali Krouikov, directeur du laboratoire d’idées Small Lettres, estime que la Russie, avec ses réserves de devises de 460 milliards de dollars (355 milliards d’euros), a suffisamment de ressources pour tenir pendant deux ans avec les sanctions actuelles. “Ensuite il lui faudra aller chercher des financements en Asie, mais Dieu sait ce qu’il lui en coûtera. Les prêteurs asiatiques auront vite fait d’augmenter leurs taux”, prédit-il.

    (avec Vladimir Soldatkine et Dmitri Jdannikov, Véronique Tison pour le service français)

    par Olesya Astakhova et Katya Golubkova

  • Julien dit :

    Les déficits français ne constitueront pas le seul boulet que Pierre Moscovici avait laissé à Bercy et qu’il retrouvera à Bruxelles. Nommé Commissaire à la tête d’un portefeuille comprenant les finances, l’économie mais aussi la fiscalité, il devrait être en charge, à ce titre, de la mise en place de la taxation des transactions financières. Un sujet qu’il partagera avec son collègue britannique Jonathan Hill, commissaire aux services financiers. Deux commissaires européens ne seront pas de trop pour désamorcer ce dossier piégé. Les 11 pays de l’Union européenne qui ont marqué leur intention de mettre en place cette taxe d’ici 2016 peinent à en définir la structure et les conditions précises d’application.

    Ne pas polluer le débat budgétaire

    Signe des crispations que continue de susciter ce projet: Bercy se refuse à toute communication sur les montants que pourraient rapporter une telle taxe, après la révélation par challenges.fr, lundi 8 septembre, des estimations pour l’Allemagne. Pas question pour le ministre des FinancesMichel Sapin de voir ce sujet politiquement sensible s’inviter dans des débats budgétaires en cours, déjà si compliqués… Le pactole serait loin d’être négligeable – et donc susceptible de décupler l’appétit pour cette descendante de la Taxe Tobin au sein de la gauche du PS.

    Dans le cas de l’Allemagne, selon l’étude d’impact réalisée par l’institut Copenhagen Economics pour les pouvoirs publics, l’introduction d’une telle taxe européenne sur les transactions financière enrichirait au minimum de 17,6 milliards d’euros les finances publiques outre-Rhin. Le document évoque même un maximum de 28,2 milliards d’euros, dans les meilleures hypothèses. C’est bien au-delà des 2 milliards initialement prévus par Berlin. Et dans ces conditions les revenus de 30 à 35 milliards calculés par Bruxelles dans sa propre étude d’impact pour les 11 pays engagés dans la mise en place de cet projet semblent bien timides.

    Impensable que Bercy n’ait rien évalué

    Combien rapporterait une telle taxe aux finances publiques françaises ? Mystère… Le ministère des finances affirme qu’il n’a lancé aucune étude d’impact sur ce sujet. “Il est simplement impensable que Bercy n’ait pas concocté sa propre évaluation”, estime pourtant un spécialiste du secteur financier. Faute de communication officielle, une extrapolation rapide de l’étude du Copenhagen Economics porterait les revenus potentiels au-delà de la dizaine de milliard d’euros. De quoi faire rêver le Trésor…

    Ces montants ne sont toutefois pas encore dans les caisses de l’Etat. Sérieuse, l’étude publiée en Allemagne n’en est pas moins sujette à débat. “Elle est bien plus précise que les calculs qu’avait effectué la Commission européenne”, relève Anatole de La Brosse, directeur général adjoint du cabinet Sia partners et spécialiste de l’industrie financière. L’institut Copenhagen Economics se fonde sur une imposition à hauteur de 0,1% des actions et obligations et à 0,01% les produits dérivés.

    Elle intègre le principe d’une taxation qui doit toucher à la fois l’achat et la vente de produits financiers. Sont également pris en compte les gardes fous établis dans le projet européen : pour éviter que les transactions échappent à la future taxe du simple fait qu’elles sont réalisées à Londres, les Etats ont décidé que le lieu d’émission de la transaction et le lieu d’implantation de l’établissement à l’origine de l’opération seront pris en compte.

    Un surcoût pour le financement de la dette ?

    “En revanche, l’étude repose sur certaines hypothèses difficiles à vérifier, modère Anatole de La Brosse. Ainsi, elle intègre, ainsi que le veulent les Etats, les transactions «over the counter (OTC)» c’est-à-dire celles qui ne passent pas par les chambres de compensations. Par définition, les volumes de ces dernières sont difficiles à mesurer… et à taxer”.

    Autre élément que les banques et opérateurs financiers ne manqueront pas d’attaquer : l’étude publiée en Allemagne assure que la baisse d’activité due à la nouvelle taxe ne serait que très limitée, de l’ordre de quelques centaines de millions d’euros. Au pire, il atteindrait 2 milliards d’euros soit 0,09% du PIB. Loin des risques mis en valeur par exemple dans une étude d’Oliver Wyman et qui juge que les Etats seraient parmi les principales victimes de la taxation qu’ils proposent. Le surcoût pour l’émission de dette souveraine des 11 pays concernés se monterait, selon le cabinet de conseil, à 15-20 milliards d’euros par an.

    Etienne Goetz et Grégoire Pinson

    • Chris63 dit :

      Intéressant ton sujet de commentaire sur la future TTF.
      Pourrais-tu, Julien, à ce propos nous faire un petit récapitulatif sur la taxation actuelle? Prélevé directement par le courtier, ou pas. Les différences lors de transactions au Comptant et en SRD, taxe sur les revenus de valeurs mobilières, déclaration de revenu… Ceci pour les actions principalement vu qu’on est plutôt orienté actions ici.
      Enfin si le sujet te semble intéressant bien sur.
      Cordialement,
      Chris63

      • Julien dit :

        il faut faire les fonds de tiroir certainement j’avais déjà écrit sur le sujet mais en effet bcp de choses ont change depuis un certain temps donc cela mériterait une mise à jour. j’y pense et je vois si je peux publier quelque chose rapidement

  • Julien dit :

    Après une série de mesures prises par la Banque centrale européenne (BCE), la balle est dans le camp des politiques pour faire repartir l’investissement, y compris l’investissement public, en zone euro, a déclaré jeudi 11 septembre le président de l’institution Mario Draghi.

    “Nous sommes face à une configuration – croissance faible, inflation faible, dette et chômage élevés – qui ne peut être résolue que par une action concertée sur la demande et sur l’offre”, a expliqué Mario Draghi dans un discours lors d’un forum financier à Milan en Italie et diffusé en avance par la BCE. “Cela nécessite que tous les acteurs, au niveau national et européen, jouent leur rôle”, a-t-il ajouté.

    En particulier, “il pourrait être utile d’avoir une discussion sur la ligne budgétaire globale de la zone euro, avec pour objectif d’augmenter l’investissement public là où il existe des marges budgétaires pour le faire”, a exhorté l’Italien. A cet égard, les institutions européennes ont “un rôle complémentaire à jouer pour soutenir la reprise de l’investissement privé”.

    Faire repartir l’investissement en Europe en général et en zone euro en particulier est vu comme crucial pour faire sortir la région de l’ornière économique. Le sujet est une priorité de la nouvelle Commission européenne et sera abordé lors d’une réunion des ministres des Finances européens à Milan vendredi et samedi.

    Les banques abreuvées de liquidités

    Le fait que Mario Draghi appelle de ses voeux un regain d’investissements publics ne devrait pas être du goût de l’Allemagne, qui veut se concentrer sur les moyens de stimuler l’investissement privé.

    La BCE elle-même a annoncé une série de mesures de politique monétaire pour apporter sa pierre à l’édifice: le loyer de l’argent est au plus bas en zone euro (0,05%), les banques vont êtres abreuvées de liquidités et l’institution va racheter des produits financiers dans une tentative de fluidifier le marché du crédit.

    Mais “aucune impulsion de politique monétaire, ni même aucune impulsion budgétaire ne peut être couronnée de succès si elle n’est pas accompagnée par les bonnes politiques structurelles, des mesures qui stimulent la croissance et insufflent la confiance”, a averti Mario Draghi.

    Ces réformes doivent se faire dans le respect des règles budgétaires européennes, a rappelé le banquier central, comme il ne manque pas une occasion de le faire.

    (Avec AFP)

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