Ce qu’il faut retenir
- Le marché semble prospérer, mais il cache une ‘récession silencieuse’ et une concentration inquiétante de la performance boursière.
- Avec seulement 30 % des actions au-dessus de leur moyenne mobile, un transfert de flux est crucial pour éviter un effondrement.
- L’IA est au cÅ“ur de l’économie actuelle, et les investissements dans des industries traditionnelles ne garantissent plus de véritable diversification.
- Des bénéfices ‘fantômes’ gonflent les profits des grandes entreprises, menaçant la stabilité du marché à long terme.
- Surveillez le seuil de 1.08 sur l’EUR/USD comme un indicateur clé de la confiance du marché en la croissance mondiale.
L’ETF monde est au plus haut. Pourtant 70% des actions baissent. Cette situation ne s’est produite qu’a deux reprises : En 1929 et 1999.
Pourtant il convient de regarder sous le capot pour comprendre ce qu’e toutes’il se passe vraiment en bourse actuellement.
Et ce que cela veut dire pour savoir ce que la bourse va faire fin 2026, où investir.
Voici mes explications et mes scénarios.
À première vue, l’investisseur passif semble nager dans l’opulence. Que vous déteniez un S&P 500 ou un ETF Monde, les indices affichent une santé insolente, flirtant avec des sommets historiques. Pourtant, cette performance de façade des indices pondérés masque une « récession silencieuse » qui frappe la majorité de la cote. Sous le capot, le moteur de la performance boursière ne tourne plus que sur quelques cylindres technologiques, tandis qu’une grande partie des entreprises subit une dégradation mécanique de leurs fondamentaux. Nous traversons une période de paradoxe extrême où l’euphorie apparente cache une fragilité systémique rarement égalée.
La règle des 30 % : entre concentration féodale et espoir de rotation
La solidité d’un marché se mesure normalement à sa « largeur ». Or, les données de Goldman Sachs révèlent une anomalie statistique majeure : seulement 30 % des actions évoluent actuellement au-dessus de leur moyenne mobile à 50 jours.
« Les deux seules fois où on a été sur des indices proches de plus haut et tout en ayant finalement un souffle de marché une participation au marché aussi basse […] c’était en 1929 et en 1999. »
Si ce constat rappelle les préludes de krachs historiques, une nuance d’expert s’impose : cette situation ne débouche pas systématiquement sur un effondrement. Le marché se trouve actuellement dans l’Å“il du cyclone, en attente d’une rotation sectorielle. Pour que la hausse perdure, il faut impérativement que les capitaux quittent temporairement les géants pour offrir un relais de croissance aux petites et moyennes capitalisations. Sans ce transfert de flux, le marché s’expose à un « trou dans la raquette » violent si les leaders venaient à consolider.
Le « Tout IA » : le nouveau socle de l’économie réelle
L’Intelligence Artificielle n’est plus une simple thématique technologique ; elle est devenue le pilier central du PIB mondial. Aujourd’hui, croire que l’on se diversifie en achetant de l’industrie ou de l’énergie est une illusion : on achète des proxys de l’IA.
- L’énergie et l’infrastructure : Les valorisations des électriciens et des constructeurs sont désormais dopées par la construction massive de data centers.
- Dépendance systémique : Le S&P 500 est devenu un pari directionnel sur la productivité de l’IA. Si cette technologie ne délivre pas la croissance attendue ou subit un choc d’offre (énergie, composants), c’est l’ensemble de la structure économique qui est remise en cause, entraînant une revalorisation brutale de tous les actifs, sans distinction sectorielle.
Le piège des bénéfices « fantômes » et l’urgence du Private Equity
L’un des arguments majeurs en faveur des Magnifiques 7 est la robustesse de leur EPS (Bénéfice par action). Pourtant, une partie de ces profits est de nature extra-opérationnelle et purement comptable.
En vertu des normes américaines, les plus-values latentes sur les investissements dans des licornes comme SpaceX ou Anthropic sont intégrées au résultat net. Cela « dope » artificiellement les bénéfices et fait paraître les PER (Price Earnings Ratio) plus bas qu’ils ne le sont réellement sur le plan opérationnel.
Ce mécanisme sert également une fonction vitale : maintenir les indices au plus haut pour permettre au Private Equity, actuellement asphyxié par une illiquidité croissante, de sortir via des introductions en bourse (IPO). Le marché doit absorber une dilution massive de nouveaux titres (OpenAI, etc.), ce qui nécessite des flux entrants toujours plus colossaux pour ne pas voir les cours s’effondrer sous le poids de l’offre.
Paradoxe de la Fed : la dette face au signal du pivot
Contrairement aux idées reçues, la hausse des taux n’est pas l’ennemi naturel des actions. Un Slow Tightening (resserrement graduel) corrélé à une croissance solide est historiquement sain. D’autant plus que les États (USA, France) gèrent actuellement un rollover de la dette où ils empruntent encore à des taux réels négatifs par rapport à l’inflation.
Le véritable danger pour votre portefeuille n’est pas le maintien de taux élevés, mais le jour où la Fed commencera à les baisser en urgence.
« Ce dont il faut se méfier, c’est pas de la hausse des taux de la Fed, c’est le jour où elle commencera à les baisser. »
Un pivot agressif de la Fed serait le signal que l’économie réelle flanche et que l’IA ne suffit plus à compenser l’asphyxie financière. Ce serait le passage d’une phase de croissance à une phase de panique monétaire.
Le seuil de 1.08 sur l’EUR/USD : le thermomètre de la défiance
Pour anticiper une rupture macroéconomique, il faut surveiller un indicateur technique précis : le niveau de 1.08 sur la paire EUR/USD.
Passer sous ce seuil signifierait que le marché ne croit plus à l’histoire de la croissance mondiale portée par l’IA. Ce mouvement validerait une force du dollar par défaut, les investisseurs se réfugiant sur le billet vert face à une dégradation des perspectives internationales. C’est un vote de défiance global : si l’IA ne génère pas de croissance, les taux deviennent insupportables et le capital se rapatrie en zone dollar, anticipant une purge des actifs risqués.
2027, le retour du « bas de laine » obligataire
L’avenir de votre stratégie dépend d’une seule variable : l’IA transformera-t-elle le PIB avant que la concentration du marché ne provoque une rupture ? Goldman Sachs propose deux scénarios dominants, avec une constante : dans presque tous les cas, la poche obligataire (à 5 %) redevient un « bas de laine » indispensable.
- Scénario « Monde de Pangloss » (Idéal) : L’IA provoque une explosion de la productivité. La croissance atteint 4 %, l’inflation revient à 2 %. Les actions surperforment car les taux élevés sont justifiés par une économie florissante.
- Scénario de Stagflation (Noir) : L’IA ne délivre pas les gains de productivité promis. Les tensions géopolitiques maintiennent une inflation persistante. La croissance stagne, les actions dévissent, et seul l’obligataire (notamment indexé sur l’inflation) permet de protéger son capital.
Êtes-vous prêts à parier que l’IA transformera réellement le PIB avant que la bulle de concentration n’éclate ? Dans ce marché de « féodalité technologique », la diversification traditionnelle n’existe plus ; seule une compréhension fine des flux et des seuils monétaires pourra protéger votre épargne.
amicalement
Julien
Les lecteurs de cet article lisent maintenant :
PS: Tous mes investissements sont partagés en temps réel sur L'Académie des Graphs. Le portefeuille représente mes convictions personnelles consolidées (de mes différents courtiers) et n'est pas une incitation à l'achat ni à la vente. La performance en cours inclus les gains ou moins values latentes et l'impact du change sur les actions étrangères. Performance 2025: +145%; 2024: +41%; 2023: +38%; 2022: +46%; 2021: +122%; 2020: +121%; 2019: +79%; 2018: +21%; 2017: +24%; 2016: +12%; 2015: +45%; 2014: +30%; 2013:+72%, 2012:+9%, 2011:-11%... Clique-ici pour découvrir l'Académie des Graphs où je t'accompagne au quotidien, partage mes positions et portefeuilles dynamique et long terme en temps réel.

