La guerre en Iran fait craindre une récession à cause de l’explosion du pétrole. Mais c’est plutôt de la fin de la guerre ne Iran dont il faut craindre déflation, crise de liquidités et potentiellement krach boursier.
Explications des grandes vagues et des sous vagues à suivre en 2026
Le piège de la certitude en période de crise
Face aux tensions géopolitiques entre l’Iran et Israël, l’investisseur moyen s’enferme dans une quête de certitude stérile : « Que va-t-il se passer ? » Cette question est une injonction à sortir de la paralysie analytique. En bourse, le succès ne récompense pas celui qui prédit l’avenir avec le plus de conviction, mais celui qui se prépare au plus grand nombre de scénarios. Le marché ne se soucie pas de votre opinion ; il se soucie de votre capacité à rester agile. Établir des scénarios n’est pas un exercice de voyance, c’est une stratégie de survie.
La distinction entre « Vague de fond » et « Sous-vague »
Il est impératif de comprendre que les événements géopolitiques sont rarement la genèse d’un mouvement de marché ; ils en sont le plus souvent le prétexte technique. C’est la distinction entre la vague de fond (la tendance structurelle dictée par le cycle économique et les liquidités) et la sous-vague (le bruit à court terme).
Avant que l’Iran ne fasse la « une », nous étions déjà dans une dynamique de reprise industrielle et cyclique. L’actualité géopolitique vient simplement bousculer ce melting-pot. Elle crée une sous-vague de peur qui peut durer quelques mois et retarder le narratif de base, mais elle ne remet pas forcément en cause la direction structurelle du cycle. Le marché utilise le prétexte de la récession induite par le pétrole pour purger les excès.
« Les événements comme l’Iran, ce n’est jamais la genèse, c’est ce qui vient mettre des sous-vagues à l’intérieur de votre grosse vague. »
Le « Quinté dans l’ordre » : Pourquoi avoir raison trop tôt revient à avoir tort
En investissement, la conviction sans le timing est la voie la plus rapide vers la ruine. Imaginons le « Scénario 1 » : le conflit iranien. À l’intérieur, le marché peut jouer plusieurs sous-chemins :
- A : Une escalade initiale provoquant une panique.
- B : Un soulagement temporaire.
- C : Un maintien des prix de l’énergie qui alimente la peur de la récession et de la stagflation.
Vous pouvez avoir raison sur le fait que nous finirons par avoir des stimulus (QE) et une baisse des taux, mais si vous vous trompez sur la chronologie de ces étapes, vous serez liquidé bien avant l’arrivée des jours meilleurs. Le marché exige le « quinté dans l’ordre ». Si vous achetez la reprise cyclique alors que le marché veut encore purger la sous-vague pétrolière, votre capital ne survivra pas à la transition.
« Le cimetière des investisseurs est rempli de mecs qui ont eu raison trop tôt. »
La rotation sous-jacente et le risque du « Collatéral »
Ces derniers mois, les indices ont menti. Sous une surface « flat », une rotation massive a eu lieu : alors que les GAFAM corrigeaient de 15 à 20 %, des petites capitalisations et des valeurs cycliques s’envolaient de 50 à 100 %. Mais cette rotation touche à ses limites.
Aujourd’hui, Nvidia est l’arbitre. Sans une reprise en ligne droite des GAFAM pour insuffler une nouvelle jambe haussière, le risque d’une « deuxième démarque » est réel. Si Nvidia casse par le bas, le marché déclenchera l’effet de collatéral : les investisseurs, forcés par leurs positions leviellées et la hausse du Dollar (qui rend l’Or inefficace comme protection), devront vendre ce qui fonctionne (le pétrole, la value) pour couvrir leurs pertes sur la tech. Dans ce scénario de capitulation technique, le marché « ne fera pas de prisonniers ».
L’IA : Le cas SAP ou la force des données
Le secteur des logiciels, avec SAP en tête, illustre parfaitement le conflit entre narratifs. La « sous-vague » actuelle vend ces titres par peur que l’IA ne permette au premier venu de coder un logiciel concurrent.
C’est ignorer la « vague de fond » : le fossé (moat) de SAP n’est pas seulement son code, c’est son accès exclusif aux données et son effet de réseau. Même si l’IA sait coder, elle n’a pas les données propriétaires d’un géant implanté. Ces entreprises utiliseront l’IA pour augmenter leurs marges et améliorer leurs produits. Profiter d’une correction sur ces niveaux de valorisation (entre 145€ et 152€ pour SAP), c’est parier sur la résilience structurelle contre une peur passagère.
Le pari chinois et le dilemme des Banques Centrales
Des signaux contre-intuitifs émergent sur le front de la consommation mondiale. Des valeurs comme Xpeng, JD.com (Chine) ou Zalando (Europe) montrent des velléités de retournement malgré un pétrole cher.
La Chine semble adopter le modèle américain : elle a besoin d’un consommateur interne fort pour asseoir sa puissance. Si ces flux reviennent sur les actions chinoises et le retail, cela signifie que le marché mise sur un stimulus massif des gouvernements mondiaux. Les Banques Centrales font face à un dilemme : remonter les taux maintenant pour contrer l’inflation pétrolière reviendrait à « tuer le bébé dans l’Å“uf » en brisant une reprise cyclique naissante. Le graphique suggère que le marché parie sur un soutien à la croissance, quitte à accepter une inflation plus durable.
Conclusion : Être prêt plutôt qu’avoir raison
L’investisseur pragmatique n’est pas un expert géopolitique, c’est un gestionnaire de probabilités. Mon rôle n’est pas de vous dire ce qui va arriver, mais de vous donner les indicateurs (Nvidia, Xpeng, SAP) pour comprendre ce que le marché est en train de jouer.
L’erreur suprême est de rester marié à son scénario quand les prix disent l’inverse. La question n’est pas la validité de votre analyse sur l’Iran ou l’IA, mais votre discipline : êtes-vous capable de changer radicalement de fusil d’épaule si le marché invalide votre thèse demain matin, ou préférez-vous avoir raison dans la ruine ?
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amicalement
Julien
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