Iran & Bulle IA : Pourquoi la Bourse ne Krach pas (Encore) ?

Ce qu’il faut retenir

  • L’économie mondiale ne s’effondre pas encore grâce à des dynamiques cachées sous la surface du marché.
  • Le pétrole à 100 dollars joue un rôle central : en dessous, le marché prospère ; au-dessus, il fléchit.
  • Les actions cannibales, comme celles de Google, subissent une pression réelle sur leurs flux de trésorerie en raison de lourds investissements dans l’IA.
  • La bulle de l’IA dépend du financement : si les capitaux étrangers rentrent, le marché américain pourrait chuter rapidement.
  • L’offre d’uranium ne suit pas la demande croissante pour soutenir l’industrie de l’IA, soulignant des goulets d’étranglement physiques.

Guerre au Proche-Orient, inflation collante, dettes publiques qui donnent le vertige… À écouter les experts de plateaux télé et les « perma-bears » qui prédisent dix des deux derniers krachs, nous devrions déjà être en train de cultiver des patates dans notre jardin pour survivre. Pourtant, les indices boursiers continuent de narguer la pesanteur.

La question n’est pas de savoir si le monde va mal — il va toujours mal — mais de comprendre où va vraiment le pognon. Derrière la dramaturgie médiatique, des forces tectoniques maintiennent le marché à flot. Voici les cinq vérités brutales pour comprendre pourquoi l’effondrement n’est pas (encore) au programme.

Le véritable juge de paix : Le pétrole à 100 dollars

Oubliez les gesticulations de la Fed ou de la BCE. Le véritable thermomètre de la survie de ce cycle, c’est le baril. Le seuil des 100 dollars est la ligne de front : en dessous, le marché respire ; au-dessus, il s’asphyxie.

Tant que l’énergie reste sous contrôle, le marché s’offre le luxe de « rotations sectorielles » : quand l’IA sature, l’argent glisse vers les logiciels ou les valeurs défensives. Le « consommateur aisé », dont le patrimoine immobilier et boursier est au sommet, soutient la croissance. Mais un pétrole durablement cher briserait ce cercle vertueux en frappant le pouvoir d’achat au cÅ“ur.

« Un pétrole cher durablement, ça peut renverser la table. On passerait de la simple peur de l’inflation à la peur que les taux restent élevés trop longtemps, asphyxiant petit à petit une économie pourtant résiliente. »

La fin des « Actions Cannibales » et le mirage des profits

Pendant une décennie, les « Sept Magnifiques » ont été des cannibales : elles rachetaient massivement leurs propres actions pour réduire l’offre et doper mécaniquement les cours. Ce temps est révolu. Alphabet (Google) vient d’amorcer un pivot historique vers une zone de Free Cash Flow sous pression (voire négatif trimestriellement) pour financer des investissements (CapEx) d’une violence inouïe dans l’IA.

C’est une révolution comptable : aux États-Unis, l’achat de data centers est une dépense d’investissement brute qui pèse immédiatement sur la trésorerie, là où la comptabilité européenne permet parfois d’amortir le choc différemment.

Plus troublant encore : les profits records de Google ou Tesla sont en partie dopés par des gains latents. Ce ne sont pas que des ventes de logiciels, ce sont des réévaluations de participations dans SpaceX ou Anthropic. Si ces valorisations « papier » dévissent, le PER (Price Earnings Ratio) des géants de la tech paraîtra soudainement beaucoup plus cher qu’il n’en a l’air.

La bulle IA et le spectre du « Carry Trade »

Oui, l’IA est une bulle. Mais comme toute bulle, elle a un début, un milieu et une fin. Nous ne sommes qu’au milieu. Les géants technologiques préféreront toujours dépenser 200 milliards à perte plutôt que de risquer une mort certaine par disruption.

Tant que le financement coule, la bulle gonfle. Le vrai risque de krach ne vient pas de la technologie, mais des flux internationaux : le fameux Carry Trade. Près de 25 % du marché américain est détenu par des investisseurs étrangers. Si les taux japonais ou européens deviennent soudainement plus attractifs, ou si les monnaies basculent, ce pognon rentrera « à la maison » instantanément, créant un appel d’air massif sur les indices US.

« Le marché ne pourra pas trancher avant longtemps entre ‘on a trop dépensé’ et ‘on n’a pas assez dépensé’. En attendant, il joue au ping-pong. »

Le mythe de la faillite étatique et les taux réels

On nous martèle que les taux à 4 % ou 5 % vont mettre les États sur la paille. C’est ignorer la mécanique monétaire : un État qui imprime sa propre monnaie ne fait pas faillite, il dévalue ou ajuste sa courbe des taux.

Surtout, il faut regarder les taux d’intérêt réels. Avec une inflation à 3 %, un taux à 5 % ne coûte « que » 2 % en réalité. C’est une situation historiquement accommodante, loin d’être un étranglement. Le stress de crédit est d’ailleurs totalement absent des marchés obligataires. Le système n’est pas en train de craquer ; il se normalise simplement après une décennie de taux zéro absurdes.

Uranium et énergie : Le goulot d’étranglement physique

L’IA est une promesse virtuelle qui se heurte à un mur physique. Actuellement, des milliers de cartes Nvidia dorment sur des étagères parce que les data centers ne sortent pas de terre assez vite. Et pour les alimenter, il faut du nucléaire.

Le problème ? Nous avons passé les 15 dernières années à fermer des mines d’uranium et à désinvestir massivement. On ne réouvre pas une mine ou une centrale en claquant des doigts. L’uranium est « l’essence » de l’IA, et l’offre est structurellement incapable de suivre la demande. Que l’IA soit rentable commercialement ou non, le boom des infrastructures physiques est déjà lancé et drainera les capitaux pour la décennie à venir.

L’agilité comme seule stratégie

Le marché n’est pas en train de décider si l’IA va changer le monde ; il réagit simplement aux flux de ceux qui dépensent le plus d’argent aujourd’hui. Nous sommes dans une phase de volatilité, pas de krach. Les rotations sont brutales, mais elles offrent des opportunités de revalorisation de 20 à 40 % pour ceux qui savent lire les cycles plutôt que les titres de journaux.

Le jeu actuel est un ping-pong permanent entre la peur du surinvestissement et la peur de manquer le train (FOMO). La question n’est pas de savoir si le marché est « cher », mais si vous êtes prêt à être assez agile pour suivre le pognon là où il se déplace réellement, au-delà du bruit médiatique. Alors, prêt à jouer ou resterez-vous figé ?

amicalement

Julien

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Julien

Julien

Julien Flot est Investisseur pour compte propre depuis 2006 et vous aide en toute transparence au quotidien à mieux investir en bourse. Julien est comme vous, il a un jour voulu débuter en bourse, rapidement perdu quelques milliers d'euros avant d'apprendre de ses erreurs, bâtir une stratégie et l'appliquer avec discipline. Aujourd’hui grâce à sa "stratégie du moindre risque" il est devenu un investisseur qui bat régulièrement le marché ! Sur Graphseo bourse, il partage depuis 2008 ses succès, échecs, conseils, analyses et investissements pour vous aider à mieux investir et gagner en bourse à moindre risque ! Découvrez l'histoire de Julien Flot ici.